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La Poudre

Deux fois par mois, au micro de Lauren Bastide, écrivaines, artistes, chercheuses et militantes se racontent et prennent le pouls des luttes féministes et antiracistes contemporaines. Un épisode un jeudi sur deux. Depuis 2016, la journaliste reçoit dans La Poudre des femmes artistes, militantes ou politiques pour des conversations intimes et profondes qui ont passionné de millions d’auditeurices. Ces récits, enrichis de documentaires événementiels, de tables rondes, et d’analyses par les plus grandes expertes des luttes pour les droits des femmes, en France et dans le monde, forment un tableau captivant de la société à l’heure de la révolution #MeToo. La Poudre was created by journalist and feminist activist Lauren Bastide, co-founder of Nouvelles Ecoutes studio, to offer women a safe space to express themselves. In a one-hour long, in-depth conversation, inspirational women artists, activists, scientists and politics talk about themselves, their path and struggles, but also about the incredible times we are living for women’s rights. Many episodes of La Poudre have been recorded or dubbed into English. Search for the ? !

Tous les épisodes

  • 14.01.2021
    62 MB
    01:05:26
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    Épisode 85 - Politiser nos corps avec Bertoulle Beaurebec

    Bertoulle Beaurebec, performeuse et autrice, est l’invitée du 85e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de corps, de sexe et de sorcellerie.L’édito de Lauren :Pour ce premier épisode de 2021, année dans laquelle je mets beaucoup, beaucoup d’espoir, je vous gardais au chaud la voix et la pensée de Bertoulle Beaurebec. La voix du futur. Une femme du futur. On s’est retrouvées toutes les deux dans un nouveau format de La Poudre. Un format un peu improvisé, quelque part entre la conversation et l’interview et qui a eu lieu chez moi, autour d’un thé. Dans cette interview il y a de la chaleur, et des rires. Il y a aussi quelques idées politiques qui vont faire du bien à toutes les méninges. Ah oui, parce qu’en 2021, être abolitionniste, c’est plus possible…Résumé de l’épisode :Bertoulle Beaurebec est une artiste afroféministe queer et l’autrice du formidable essai « Balance ton corps, manifeste pour le droit des femmes à disposer de leurs corps ». Dans cet essai, son expérience de travailleuse du sexe et performeuse lui sert de point de départ pour porter un regard critique et constructif sur nos rapports à nos corps et à la sexualité. C’est bien en raison de ce parcours particulier que son ouvrage aux ramifications profondément féministes intersectionnelles a été traité de façon sensationnaliste lors de son accueil public (05:51). Elle dénonce ce traitement médiatique, qui bien trop souvent déshumanise les travailleur·euse·s du sexe et dont la conséquence la plus récente est le silence du gouvernement face à leur détresse dans la crise sanitaire actuelle (18:28). Après des débuts en étude d’histoire de l’art, Bertoulle Beaurebec rencontre la scène dans un théâtre érotique en tant qu’effeuilleuse (25:55). Elle y découvre la diversité des corps des performeur·euse·s et la créativité qui en découle, tout comme la sororité qui lie les artistes avec lesquelles elle travaille (36:15). Escort par la suite, elle apprend avec les années à assumer être une salope, mot qu’elle se réapproprie aujourd’hui avec fierté en soulignant la pudibonderie de la société actuelle (24:50). Selon elle, c’est cette pudibonderie qui empêche la mise en place d’une vraie éducation sexuelle, laissant le porno comme seule ressource (20:38), ce qui n’est ni le rôle ni le but de cette industrie de divertissement. Si elle témoigne des défauts de cette dernière, comme le racisme auquel elle a dû faire face en tant que performeuse, elle rappelle que le porno ne fait qu’exister dans une société elle-même sexiste et raciste, ne reproduisant que les schémas systémiques de l’environnement dans lequel il est créé. Pour sa part, elle joue à présent dans des films porno féministes, faisant la part belle aux enjeux des mouvements sociaux actuels au cœur des œuvres dans lesquelles elle figure (52:27). Elle fait aujourd’hui du rapport à son corps un lieu d’exploration curieuse, intrépide et bienveillante et conçoit des performances où elle transcende son rapport à la douleur et porte son message politique et spirituel au sommet de l’art (42:32).Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation, prise de son et coordination : Gaïa MartyMixage : Marion Emerit

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  • 24.12.2020
    34 MB
    35:34
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    Épisode 84 - La cancel culture avec ContraPoints et Loretta Ross -

    This episode of La Poudre was originally recorded in English. To listen to the undubbed version, click here.L’immense militante antiraciste et féministe Loretta Ross et la youtubeuse de génie Natalie Wynn créatrice de la chaîne ContraPoints sont les invitées du 84e épisode de La Poudre, enregistré en public sur Zoom le 21 novembre 2020. L’édito de Lauren :Cet épisode a été enregistré en novembre 2020 dans le cadre du festival Les Créatives à Genève. Je les adore et je les embrasse. Mes deux invitées sont juste… énormes, en fait. C’est Natalie Wynn, la créatrice de la chaîne YouTube américaine ContraPoints et Loretta Ross, une militante afroféministe pour la justice reproductive absolument mythique. Alors comme c’était long, et compliqué, et – on va pas se mentir – un peu cher de doubler entièrement la rencontre en français, je vous ai fait cette version commentée, où en gros je double mes questions et puis après je vous explique moi-même ce que répondent mes invitées. J’espère que ça vous va. Allez, c’est parti !Résumé de l’épisode :Au festival des Créatives, les activistes Loretta Ross et Natalie Wynn décortiquent au micro de Lauren Bastide le phénomène complexe de la “cancel culture”. Si le mécanisme de l’humiliation publique ne date pas d’internet et des réseaux sociaux, pour la militante afroféministe et antiraciste chevronnée Loretta Ross, ces derniers accélèrent et amplifient ce phénomène (05:24). Pour Natalie Wynn, créatrice de la chaîne YouTube ContraPoints aux longues vidéos très documentées et articulées, il faut être vigilant·e à bien différencier les différentes formes que peut prendre la “cancel culture” (06:58), entre remise en cause de personnes en position hégémonique dont les carrières sont en réalité rarement menacées (09:32) et ce qu’elle appelle la “cancel culture” horizontale, entre militant·e·s en désaccord (11:42). Toutes deux mettent en garde contre l’essentialisation des personnes et de leurs avis, encouragée par les mécanismes des réseaux sociaux et l’éternel présent d’internet (15:07). Dans ses cours comme dans ses engagements militants, Loretta Ross invite au “call-in” plutôt qu’au “call-out” (22:44) : tenter d’abord d’expliquer avec compassion plutôt que de commencer par une confrontation publique. C’est également une question de stratégie selon Natalie Wynn : personne n’est prêt à écouter lorsqu’attaqué·e frontalement (24:40). Vrai travail émotionnel, elles précisent toutes deux que le “call-in” est un choix, chacun·e est libre d’investir temps et énergie ou de ne pas plonger dans une situation conflictuelle (26:37). Elles reconnaissent que la tentation est grande, et que même elles s’y sont laissées prendre, oubliant parfois les humain·e·s de l’autre côté de l’écran (34:37). Mais les conséquences sont parfois dramatiques pour les militant·e·s visé·e·s, surtout lorsqu’iels n’ont que leur communauté en ligne pour les soutenir, ce qui est souvent le cas dans les sphères militantes, notamment LGBT+ (41:34). Elles appellent à affirmer la diversité d’opinion au sein des mouvements de lutte qui est aussi leur richesse, plutôt qu’à tendre vers une pureté politique aussi inatteignable qu’indésirable (47:22).Merci au festival Les Créatives d’avoir rendu cet enregistrement possible.Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuTraduction : Lauren BastideCoordination et prise de son version française : Gaïa MartyMixage : Marion EmeritMerci aux box à cuisiner HelloFresh de soutenir La Poudre. Rendez-vous sur hellofresh.fr/lapoudre pour bénéficier de 20€ de réduction sur vos 2 premières commandes avec le code LAPOUDRE.

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  • 24.12.2020
    59 MB
    01:02:27
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    Episode 84 - The Cancel Culture with ContraPoints and Loretta Ross -

    Cet épisode de La Poudre est disponible à l’écoute dans une version doublée en français. Cliquez ici pour l’écouter : ?The legendary activist for reproductive justice, black feminism and antiracism Loretta Ross and the genious youtuber Natalie Wynn creator of the channel ContraPoints are the guests of the 84th episode of La Poudre, recorded in public the 21st of November 2020. With Lauren Bastide, they talked about calling in, calling out and self-care.Lauren’s foreword:This episode was recorded on Zoom thanks to Les Créatives festival in November 2020 and I’m very proud to be able to share it with you today. It was an incredible pleasure and honour to be able to talk to these two major activists. And also, it felt good to take an hour to explore this complex and fascinating online phenomenon we sometimes call “cancel culture”. Episode summary:At the Les Créatives festival, the activists Loretta Ross and Natalie Wynn dissect the complex phenomenon of what we call “cancel culture” with Lauren Bastide. If the mechanisms of public humiliation is much older than Internet and social networks, for the black feminism and antiracism activist Loretta Ross, the latter increases and accelerates this phenomenon (05:24). For Natalie Wynn, creator of the YouTube channel ContraPoints and its long, beautifully put together and referenced videos, we should be careful in differentiating the various forms taken by “cancel culture” (06:58), between challenging people in positions of power, whose careers are seldom truly affected (09:32) and what she calls “horizontal cancel culture” among disagreeing activists (11:42). Both of them warn against essentialising people and their positions, a process encouraged by how social networks and the eternal present of the Internet work (15:07). In her classes as well as in her activist work, Loretta Ross advises to “call-in” rather than “call-out” (22:44), which means try and explain with compassion first, rather than publicly confronting each other from the get go. It is also a question of strategy according to Natalie Wynn: nobody would be willing to listen when feeling directly attacked (24:40). As it is a real emotional labour, they both remind that “calling-in” and investing in someone else’s growth should always be a choice, not an obligation and that it is always a possibility to just ignore the conflict (26:37). They acknowledge it is not always easy and they both have had instances where they went along with the crowd and forgot there were other human beings behind the screens (34:37). But the consequences can sometimes be terrible for the targeted activists, especially when their only community is the one they have online, which is often the case in activist spheres, especially LGBT+ ones (40:34). They urge to recognise the diversity of opinions in activist movements for human rights rather than striving for an unattainable and undesirable political purity (47:22).Our deepest gratitude to the Les Créatives festival and their amazing team who made this episode happen.Executive Producer : Nouvelles Écoutes Production, editing and signature tune : Aurore Meyer-MahieuProduction assistant : Gaïa Marty Mixing : Marion Emerit

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  • 10.12.2020
    54 MB
    56:41
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    Épisode 83 - Penser l'intersectionnalité avec Mame-Fatou Niang

    La chercheuse et réalisatrice Mame-Fatou Niang est l’invitée du 83e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de république, de backlash et d’intersectionnalité.Résumé de l’épisode :Mame-Fatou Niang est chercheuse et maîtresse de conférence en littérature française et francophone à l’université Carnegie-Mellon. Dans ses travaux, elle explore comment se construisent les identités des personnes noires dans une France qui se voudrait universaliste. Elle en avait fait le sujet de Mariannes noires, un documentaire interrogeant plus particulièrement la place des femmes noires dans la nation qui « ne voit pas les couleurs ». Pour elle l’intersectionnalité, bien loin d’être la cause, est la réponse à la crise que traverse la République à l’heure actuelle (05:38). Elle dénonce d’ailleurs les accusations d’importation de ce concept (08:52). Bien que le terme ait été forgé par une juriste américaine, Kimberlé Crenshaw, la réalité qu’il définit est, quant à elle, vécue et énoncée par de nombreuses voix françaises depuis des décennies, des sœurs Nardal à Maboula Soumahoro. Si les recherches utilisant l’intersectionnalité comme outil sont aujourd’hui menacées par la Loi de programmation de la recherche (17:27) qui attaque durement les libertés académiques, pour Mame-Fatou Niang de nombreux signes sont sources d’espérance, comme les manifestations antiracistes de l’été 2020 (22:38). Elle considère qu’il est essentiel de déconstruire la supposée opposition antiracisme-universalisme (27:08) pour bâtir une nouvelle res publica qui laisserait de la place à toutes les voix françaises (30:03). Pour cela, il est également temps de réviser l’imaginaire construit autour des marges et notamment des banlieues. Un imaginaire que Mame-Fatou Niang a longuement exploré (41:39) pour démonter le récit produit sur les populations minorisées. La solution : donner voix aux chapitre aux concerné·e·s, plutôt que de laisser leurs contours être délimités selon un point de vue prétendument universel et « neutre » (49:23). Le chemin est encore long, mais la résolution et l’espoir de Mame-Fatou Niang ne peuvent qu’inspirer force et courage.Merci à toute l’équipe du Carreau du Temple pour leur accueil et pour avoir rendu cet épisode possible.Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMixage : Marion Emerit

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  • 24.11.2020
    65 MB
    01:08:20
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    « Notre Colère sur vos murs » (Documentaire)

    Faire bouillir l’eau, la farine, le sucre, prendre son pinceau, tracer, feuille par feuille, les lettres de la mémoire, de la dénonciation, de l’adelphité, de la colère. Au micro de Lauren Bastide, les colleur·euse·s vous embarquent une nuit à leurs côtés pour explorer les dessous de ce geste qui brandit à la vue de tou·te·s des messages féministes, hautement politiques et militants, comme autant de poings levés.Tay Calenda, photographe accompagnant les colleur·euse·s depuis les tout débuts du mouvement témoigne de ces expéditions (08:08) et de l’importance d’en conserver les traces, tandis que les collages disparaissent, arrachés ou détruits par la pluie. Lily, fondatrice du groupe Collages afroféministes à Marseille, parle de l’importance de la diversité nécessaire de ces messages mais aussi de la stratégie inhérente aux lieux choisis pour coller (16:37). L’action en elle-même est importante : coller, c’est déjà se réapproprier l’espace, comme l’explique Chloé Madesta (23:59) pour qui la ville, synonyme de peur, est devenue un lieu de puissance. Un lieu qui peut rendre hommage également, comme ce fut le cas avec le mémorial créé par les colleur·euse·s de Paris dans la rue Bouvier pour commémorer les victimes de féminicides et les travailleur·euse·s du sexe assassiné·e·s durant la première année d’existence du mouvement (26:00). Un moment fort, comme souvent le sont ces expéditions nocturnes, créant une connexion et une entraide parmi les militant·e·s (28:30). Si cette forme d’action a été initiée par une personne au positionnement marginal et décrié (33:53), déconstruit ici par la chercheuse Karine Espineira (39:25), les colleur·euse·s se sont largement emparé·e·s de l’outil pour faire passer des messages intersectionnels sur tous les murs de France. Même le confinement n’a pas pu éteindre leur élan et Émilie Dupas raconte le passage au virtuel (50:47) pour que jamais l’action ne s’arrête. Elle ne s’arrête d’ailleurs pas non plus aux frontières, et Illana Weizman témoigne de son implantation en Israël (56:02), réadaptée au contexte et aux violences spécifiques qui y touchent les femmes.Force aux colleur·euse·s et longue vie aux collages !Un merci infini au collectif Collages féministes de Lille pour leur accueil et leur participation.Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuCoordination : Gaïa MartyMixage : Marion Emerit

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  • 13.11.2020
    2 MB
    02:37
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    Nouvelles Écoutes présente La Fille sur le canapé

    TW : Ce documentaire aborde la thématique des violences sexuelles sur mineures. Il est parfois difficile à écouter. Assurez-vous de le faire dans les meilleures conditions possibles.Nouvelles Écoutes présente le nouveau documentaire du flux Intime & Politique : « La Fille sur le canapé », signé Axelle Jah Njike. Les 9 chapitres de ce documentaire sortiront le 16 novembre.« J’ai rencontré Axelle il y a quatre ans et j’ai tout de suite eu une grande admiration pour elle, d’abord pour son combat au sein du GAMS contre les mutilations sexuelles, puis pour son talent d’écrivaine et enfin pour son podcast, Me My Sexe and I, dans lequel elle offre un espace de parole sécurisé à des femmes afrodescendantes. « La Fille sur le Canapé » est la continuité de tout ce travail. On y retrouve le talent d’Axelle à faire se déployer la voix des autres. Pour ce documentaire, elle voulait créer « un écrin » pour la parole des victimes, sublimé par la musique originale de Sandra NKaké. On y retrouve aussi l’amour d’Axelle pour la littérature. Vous croiserez au cours de ces 5 heures, des textes de Maya Angelou, Leonora Miano, Alice Walker, Toni Morrison, Sapphire, de grandes autrices qui ont aidé Axelle à prendre la parole pour elle-même. » Lauren BastidePour vous abonner : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/intime-politique/id1488643718Et pour suivre toute l’actualité de l’émission, abonnez-vous au compte @intimeetpolitique_ne sur Instagram

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  • 05.11.2020
    82 MB
    01:26:26
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    Épisode 82 - Lire Maya Angelou avec Christiane Taubira

    Christiane Taubira, femme politique et écrivaine, est l’invitée du 82e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Maya Angelou, et un peu d’elle, aussi.L’édito de Lauren :Je viens de barrer un truc de ma liste des choses à faire avant de mourir. J’ai interviewé Christiane Taubira. Cela fait quatre ans que je la croise ici et là, que je suis toujours charmée par sa gentillesse, et par son rire. Christiane Taubira est incroyable, si vous avez l’occasion un jour de la voir lors d’une rencontre ou une signature, vous observerez : elle écoute chaque personne d’une oreille attentive, disponible, sans jamais interrompre, sans jamais abréger. C’est pour ce genre de qualité que j’aimerais qu’elle soit un jour ma présidente de la république, mais bon je m’égare, et puis vous verrez elle répond un peu à ça.Bref, après ces rencontres, à chaque fois, j’ai pris ma plus belle plume pour lui adresser des messages, des mails, lui demandant de venir parler d’elle dans La Poudre. J’ai fait court et efficace, j’ai fait long et lyrique, j’ai fait percutant, j’ai fait suppliant, mais toujours, elle a éludé.Et puis, comme souvent, la vie a fait le job. La maison d’édition de Maya Angelou en français, Notabilia, m’a demandé d’animer une rencontre autour de l’extraordinaire autrice afro-américaine, à l’occasion de la sortie de son ouvrage « Rassemblez-vous en mon nom », avec, pour invitée, une de ses grandes lectrices : Christiane Taubira. Alors j’ai fait une danse de la joie et j’ai branché mon micro, ce soir d’octobre, au théâtre de la Pépinière, à Paris, pour m’assurer que chacun de ses mots arriveraient jusqu’à vous.À la réécoute, je me rends compte que ce qu’elle nous livre c’est une leçon de joie. Ça ne peut pas faire de mal, par les temps qui courent…Résumé de l’épisode :Maya Angelou est autrice, actrice, chanteuse, enseignante, réalisatrice et l’une des grandes figures militantes du mouvement pour les droits civiques aux États-Unis. Née en 1928 dans le Missouri, elle raconte sa vie rocambolesque et flamboyante dans sept autobiographies dont le deuxième tome vient de paraître en français aux éditions Notabilia.L’une de ses plus grandes admiratrices est certainement Christiane Taubira (05:03), personnalité marquante de la scène politique française. Elle aussi est écrivaine et parfois poètesse. Née en 1952 à Cayenne, elle est élue députée dès 1993 et Garde des Sceaux de 2012 à 2016. Elle est à l’origine de la loi reconnaissant la traite et l’esclavage comme crimes contre l’humanité et de celle autorisant le mariage pour tous. Intimement persuadée qu’on écrit pour les autres, pour transmettre (13:55), elle admire le style limpide de l’écrivaine africaine-américaine (09:02). Elle célèbre également sa force, sa liberté, sa détermination à s’autodéfinir sans laisser de prise au déterminismes racistes et sexistes qu’elle subit depuis l’enfance (30:13). La joie et l’art sont ses armes (35:15), comme celles de Christiane Taubira, pour résister (1:19:50). Toutes deux des femmes engagées, c’est l’amour qui guide leurs actions (55:01), mais un amour lucide, dirigé, qui ne se laisse pas faire (1:00:52). C’est un poème somptueux de Maya Angelou qui conclut cet échange (1:23:00) où, dans la voix de Christiane Taubira, toute la sensualité et la puissance de l’écrivaine nous éclabousse.Merci à Vera Michalski, Arnaud Laborie, Brigitte Bouchard et toute l’équipe de Notabilia pour avoir rendu cet épisode possible.Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMixage : Marion Emerit

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  • 22.10.2020
    65 MB
    01:08:07
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    Épisode 81 - Le point sur la révolution avec Bibia Pavard

    L’historienne Bibia Pavard est l’invitée du 81e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé d’effacement, d’archives et de moments.L’édito de Lauren :Bon bah voilà c’est parti pour la saison 5 de La Poudre. Une saison que j’ai voulu un peu différente des précédentes, moins intime et plus politique. Je vais recevoir, tout au long de cette saison des chercheu·r·ses et des militant·e·s qui vont vous, nous apporter, des éclairages plus théoriques sur l’époque dingue qu’on est en train de vivre. Parce que l’époque est dingue, on est d’accord. Tout cet espoir, toutes ces craintes, ce chaos…Une partie de ces rencontres sera enregistrée en public au Carreau du Temple, ce lieu incroyable, au cœur de Paris, où j’ai déjà eu la chance de recevoir des activistes pendant toute une saison, il y a deux ans, et qui a donné naissance au livre « Présentes » que j’ai sorti début septembre au éditions Allary et que, j’espère, vous avez lu mais sinon je ne vous en veut pas.Il y aura une rencontre une fois par mois, si le méchant virus le veut bien. Ça sera, comme toujours, gratuit, sans réservation et interprété en langue des signes par la SCOP Paris Interprétation. Toutes les infos sont sur nos réseaux sociaux.Je voulais remercier Sandrina Martins la directrice du Carreau du Temple, ainsi que toute son équipe, de m’avoir renouvelé sa confiance. J’ai beaucoup trop de chance d’avoir croisé sa route. Allez, en scène !Résumé de l’épisode :Bibia Pavard est docteure en histoire contemporaine, chercheuse et maîtresse de conférence à l'université Paris II. Spécialiste de l'histoire du genre et des féminismes, elle a co-écrit avec Florence Rochefort et Michelle Zancarini-Fournel un important ouvrage sur l’histoire des mouvements féministes depuis la révolution française, paru en août 2020 : Ne nous libérez pas, on s’en charge, Une histoire des féminismes de 1789 à nos jours. Elles y mettent en lumière l’effacement constant des luttes mais aussi des militantes féministes dans l’histoire (12:02) et s’inscrivent dans la longue lignée de (ré)écriture de l’histoire des femmes et de leurs combats (15:52). C’est lors de ses études en classe préparatoire que Bibia Pavard rencontre toute la force et la nécessité de l’histoire (21:51). Et c’est bien parce que les choix qui sont fait dans cette discipline – ce qui est raconté et comment, ce qui est conservé et pourquoi – sont aussi politiques qu’elle soulève la nécessité de documenter le moment présent et questionne la place des archives, peu ou mal conservées lorsqu'il s'agit des femmes (27:15). Quant à l’écriture de cette histoire, elle propose de nuancer la métaphore des « vagues » féministes par la continuité de certains combats au fil des décennies (36:22) bien qu’il y ait un renouvellement des protagonistes et des approches. Renouvellement qui est par ailleurs toujours en but aux mêmes attaques antiféministes (41:02). Au micro de Lauren Bastide, Bibia Pavard rappelle aussi les enjeux intersectionnels qui ont toujours émaillés ces luttes (46:20), tout comme la question du viol (56:36) ou celle du rôle central des médias pour diffuser la parole féministe, bien trop souvent absente des organes de presse traditionnels (00:01:26). Si en tant qu’historienne elle ne peut prédire la révolution féministe, elle donne ici de précieux outils pour la penser.Merci à toute l’équipe du Carreau du Temple pour leur accueil et pour avoir rendu cet épisode possible.Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMixage : Marion Emerit

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  • 08.10.2020
    68 MB
    01:11:15
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    Episode 79 - Paul B. Preciado -

    Cet épisode de La Poudre a été publié en français le 30 juillet 2020. Pour l’écouter, remontez dans les archives ou cliquez ici : ?The philosopher and revolutionary author Paul B. Preciado is the guest of the 79th episode of La Poudre. With Lauren Bastide, they talked about bodies, monsters and joy.Lauren's foreword:La Poudre was thought as a women-only place to discuss sexist mechanisms through their victims’ experiences. Up to now, only women’s voices, cis or trans, have been heard in La Poudre. It goes without saying that both non-binary people and trans people belong here. Paul B. Preciado’s work is crucial to understand today’s feminist movement and to question gender representations, as we have been doing here for four years now. It is a great honour to have had him close the fourth season of La Poudre, before the new turn it will be taking with its fifth season.Summary:Paul B. Preciado is one of the greatest thinkers of our time. He is also the first non-binary person to speak up in La Poudre (05:40). On the eve of global lockdown due to coronavirus, he was starting a series of conferences at the Centre Pompidou in Paris, engaging with “The History of Sexuality” by Michel Foucauld to offer a new decolonial and feminist reading of this important work (11:40). At the time, he felt a revolutionary urge in the room (07:50) and encourages everyone to reconnect with it and embrace it (14:28). Born on the 11th of September 1970 in Franco’s Spain, he tightly links these early years to his sensitivity to any sign of state fascism, and feels that the current French government slips towards it more often than not (24:00). Since childhood, he implements strategies to avoid gendered injunctions (29:00), a daily exercise in political plasticity that he still practises everyday (35:55). After a PhD in philosophy, he writes several books exploring the concept of gender. The last one published, “I Am a Monster, Talking to You”, allows him to speak from this monstrosity that the heteropatriarchal and racist system has pinned on him and all bodies considered as “other”. Being at the center of the trans body experience, the use of the “I” is key in his writing (40:04). According to him, it is the only way to escape the presumed universality of Western philosophy. Situated writing is central to overcome the system’s barriers (45:15). He yearns for the end of the sexual differentiation regime (59:28) and calls for collective imagination to find a way out of it. His joy and optimism in the advent of the revolution are infectious and his next seminar will be available this fall (01:05:21).Executive producer: Nouvelles ÉcoutesProduction and signature tune: Aurore Meyer-MahieuTranslation: Lucie PlescoffEnglish voice-over: Raphy WofsyProduction assistant: Gaïa MartyRecording: Laurie GalliganiMixing: Marion Emerit

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  • 01.10.2020
    46 MB
    48:31
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    Episode 21 - Assa Traoré -

    Cet épisode de La Poudre a été publié en français le 14 décembre 2017. Pour l’écouter, remontez dans les archives ou cliquez ici : ?The great activist Assa Traoré was the guest of the 21st episode of La Poudre. With Lauren Bastide, Assa Traoré talked about her role as one of the eldest in a family of 17 (04:50), about her bond with her father who died when she was 14 years old (08:08) and about his first two wives (13:21). She spoke about her job as a special-education teacher in Sarcelles, north of Paris (20:13), about how young men of her neighbourhood are stigmatised (24:05) and about the night of Adama Traoré’s death (26:30). She explained what led to the incarceration of two of her brothers (34:00) and detailed her profound link to Mali, where her father and Adama are buried (40:13).Assa Traoré was born in 1985 in Paris. At a young age, she takes care of her little brothers and sisters, born out of the other marriages of her father. Following an oral presentation in her school, she decides she wants to be a special-education teacher, a path she successfully follows. On the 19th of July 2016, her younger brother Adama Traoré, who was turning 24 on that day, dies in Persan’s police station, after an identity check and questioning in Beaumont-sur-Oise. In the hours following his death, his family accuses the police forces of being responsible for his passing. The authorities deny any such responsibility. A battle both in court and in the media follows. Assa is fully dedicated to this fight and becomes spokesperson for the advocacy group “Justice for Adama”. In May 2016, she co-signs “Letter to Adama” with the journalist Elsa Vigoureux, a book recounting this battle for justice.To support the “Justice pour Adama” association, you can click here: https://www.okpal.com/adama-traore/#/Executive producer: Nouvelles ÉcoutesProduction and signature tune: Aurore Meyer-MahieuTranslation: Lucie PlescoffEnglish voice-over: Sara MartinsProduction assistant: Gaïa MartyRecording: Laurie GalliganiMixing: Marion Emerit

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  • 24.09.2020
    46 MB
    48:47
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    Épisode 80 - Margaret Atwood - (doublé en français)

    This episode of La Poudre was originally recorded in English. To listen to the undubbed version, click here.L’écrivaine de génie Margaret Atwood est l’invitée du 80e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de forêt, de science et de religion. L’édito de Lauren :Avant d’entrer de plein pied dans la saison 5 de La Poudre, j’ai dans ma besace, comme chaque automne, trois épisodes en anglais parce que le monde ou rien.Le premier, que vous vous apprêtez à mettre dans vos oreilles, est un entretien que j’ai enregistré avec l’écrivaine canadienne Margaret Atwood l’hiver dernier. Avec le Covid (je ne dirai jamais LA covid, vous m’entendez, jamais), on n’avait pas pu vous le doubler. Le voilà donc, tout frais, tout neuf, avec, dans le rôle de Margaret Atwood, la journaliste Annick Cojean.Quel honneur d’avoir pu échanger longuement avec cette immense autrice, reine de la dystopie, dont l’esprit génial pondit La Servante Écarlate en 1985 et qui a sorti, l’année dernière, la suite de ce best-seller, le glaçant et captivant Les Testaments.Bonne écoute, et on se retrouve en octobre pour le nouveau La Poudre. Boum.Résumé de l’épisode :Margaret Atwood, autrice visionnaire, a publié l’année dernière Les Testaments, la suite de son œuvre phare, La Servante écarlate, adaptée en série en 2017. Avec ce livre, elle remporte pour la seconde fois le prestigieux Booker Prize, ex aequo avec Bernardine Evaristo. Née en 1939 au Canada, elle grandit dans la forêt, entourée de ses parents, scientifiques tous les deux (16:06). Elle est ainsi sensibilisée très jeune aux questions environnementales qui l’animent encore fortement aujourd’hui (44:19). Écrivaine et poétesse prolifique, c’est en 1984, lors d’un séjour dans l’Allemagne divisée (06:02), qu’elle écrit La Servante écarlate, l’une de ses œuvres aujourd’hui les plus connues grâce au retentissement mondiale de la série (22:39). L’impact politique de son propos est tel que les tenues de ses “servantes” ont été utilisées par des manifestantes dans de nombreuses mobilisations contre les retours de bâtons patriarcaux de ces dernières années (19:32). Sa vision très nuancée des combats féministes est parfois à contre-courant des enjeux des luttes actuelles (24:45) mais sa capacité à prendre en compte les subtilités des croyances religieuses (38:14), tout comme son engagement dans des mesures concrètes pour lutter contre les violences faites aux femmes (26:04) en font l’une des plumes essentielles de la réflexion sur les oppressions sexistes. Dans Les Testaments, elle joue sur le pouvoir des archives, auxquelles elle voue une passion, pour explorer les rouages d’un gouvernement dictatoriale et réactionnaire. Son amour pour les documents anciens et les histoires qu’ils portent l’a également poussée à participer à un projet de l’artiste Katie Paterson, Library of the Future, pour lequel elle a écrit un texte qui ne sera révélé qu’en 2114 (48:50). À bon entendeur·euse !Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La voix française de Margaret Atwood est incarnée par Annick Cojean, merci à elle.La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuTraduction : Maxime Dargaud-FonsProgrammation et coordination : Gaïa MartyPrise de son voix française : Laurie GalliganiMixage : Marion Emerit

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  • 24.09.2020
    46 MB
    47:59
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    Episode 80 - Margaret Atwood -

    Cet épisode de La Poudre est disponible à l’écoute dans une version doublée en français. Cliquez ici pour l’écouter.The genious writer Margaret Atwood is the guest of the 80th episode of La Poudre. With Lauren Bastide, they talked about forests, science and religion.Lauren’s foreword:Before jumping into the 5th season of La Poudre, like each fall I have three episodes in English in store, because look at me going international.The first one, that you are about to listen to, is an interview I recorded last winter with the great Canadian writer Margaret Atwood. With Covid-19, we hadn’t had the chance to publish it. So here it is, fresh and new, just for you.What an honour it was to have been able to talk at length with this incredible author, queen of dystopia, whose genius mind gave birth to « The Handmaid’s tale » in 1985, and who published its sequel last year, the captivating and chilling « Testaments ».I hope you will enjoy it and I’ll see you again in October for a new episode La Poudre.Episode summary:A visionary author, Margaret Atwood published last year The Testaments, a sequel to The Handmaid’s tale, her revolutionary novel adapted into a TV series in 2017. With this book, she won the prestigious Booker Prize for the second time, sharing it with Bernardine Evaristo. Born in 1939 in Canada, she grew up in the forest (16:06). Her parents both being scientists, she is made aware of environmental issues quite early on and is still very passionate about them (44:19). Prolific novelist and poet, she writes The Handmaid’s Tale in 1984, after a stay in Cold war Germany (06:02). It is one of her most renowned works, thanks to the TV series which gave it international visibility and recognition (22:39). The political impact of the ideas it carries has inspired activists to dress up like her “handmaids” in protest against several patriarchal backlashes in the last few years (19:32). Her nuanced vision of feminists issues sometimes goes against the grain of the current antisexist battles (24:45), but her ability to take into account the subtlety of intertwined religious beliefs and social commitment (38:14) as well as her own commitment in concrete measures to wage war against violence against women (26:04) make her one of the most relevant writer in the fight against sexist oppressions. In The Testaments, she plays on the power of archives to explore the arcanes of a dictatorial and reactionary government. Her passion for ancient documents and the stories they carry drove her to participate in the artist Katie Peterson’s projet : Library of the Future. A word to the wise : She wrote a text for it that will only be available in 2114 (48:50).Executive Producer : Nouvelles Écoutes Production, editing and signature tune : Aurore Meyer-MahieuProduction assistant : Gaïa Marty Mixing : Marion Emerit

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  • 17.09.2020
    68 MB
    01:11:16
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    Épisode 79 - Paul B. Preciado

    Paul B. Preciado, philosophe et auteur révolutionnaire, est l’invité du 79e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, ils ont parlé de corps, de monstre et de joie.L’édito de Lauren :La Poudre est un lieu qui a été pensé en non-mixité pour parler des mécanismes sexistes à travers le vécu des personnes les subissant. Jusqu’ici n’y ont résonné que les voix de femmes, cis ou trans. Il va de soi que l’expérience des personnes non binaires et de toutes les personnes trans y trouvent leur place. La pensée, le travail et les écrits de Paul B. Preciado sont essentiels pour comprendre le mouvement féministe actuel et questionner les représentations genrées, comme La Poudre le fait depuis quatre ans. C’est un grand honneur qu’il vienne clôturer cette saison, avant que l’émission ne prenne un nouveau visage à la rentrée.Résumé de l’épisode :Paul B. Preciado est l’un des plus grands penseurs de notre époque. En tant qu’homme trans refusant tout schéma binaire, il est aussi le premier invité de La Poudre (05:40). À la veille du confinement, il démarrait un cycle de conférences au Centre Pompidou reprenant l’histoire de la sexualité de Michel Foucault pour en proposer une relecture féministe et décoloniale (11:44). Il y a senti une pulsion révolutionnaire (07:50) qu’il engage tous et toutes à retrouver, à vivre, à embrasser (14:28). Né le 11 septembre 1970 à Burgos, dans l’Espagne franquiste (18:41), il tire une droite ligne entre ces années et sa sensibilité aux marques du fascisme étatique qu’il retrouve dans les agissement du gouvernement français actuel (24:00). Dès l’enfance, il met en place des stratégies d’évitement pour échapper aux injonctions de genre (29:00), un exercice quotidien de plasticité politique qu’il pratique encore (35:55). Docteur en philosophie, il est l’auteur de plusieurs livres explorant le concept du genre. Son dernier, “Je suis un monstre qui vous parle”, lui permet de parler depuis cette monstruosité, plaquée par le système hétéropatriarcal et raciste sur les corps jugés “autres”. Lui-même au centre de l’expérience du corps trans, il est familier de l’emploi du “je” dans ses écrits (40:04), la seule possibilité selon lui pour échapper au supposé universalisme de la philosophie occidentale. Sans écriture située, impossible de dépasser les barrières du système (45:15). Il appelle de tous ses vœux la sortie du régime de la différenciation sexuelle (59:28) grâce au pouvoir de l’imagination collective. Sa joie et son optimisme dans l’avènement de la révolution sont communicatifs et vous pourrez les retrouver à l’automne 2020 au Centre Pompidou (01:05:21).Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMixage : Marion Emerit

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  • 17.09.2020
    79 MB
    01:22:34
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    Épisode bonus - Médias et silenciations

    Sihame Assbague, journaliste et militante antiraciste, Léa Lejeune, journaliste au magazine Challenges et co-fondatrice de l’association Prenons la Une !, et Jennifer Padjemi, journaliste pigiste et fondatrice de la newsletter afroféministe What’s Good, étaient les premières invitées de Lauren Bastide sur Zoom pour un enregistrement en public le 9 juin 2020. L’édito de Lauren :Vous vous rappelez cette une du Parisien sortie pendant le confinement ? Ces 4 chercheurs, 4 hommes blancs d’un certain âge qui s’étalaient en une pour nous raconter le monde d’après ? Ça m’a mise en colère, je vous l’avais déjà dit. Tout comme me mettent en colère ces plateaux de télé ou des personnes blanches débattent sans fin de la réalité du racisme en France, ou ces émissions de radio, entièrement constituées d’hommes, qui débattent sur le féminisme. Ces plateaux, ces unes et ces émissions ne sont pas une exception. Ils sont la règle. Vous voulez des chiffres ? Les voilà, ils viennent de sortir, tout frais : le CSA a publié une enquête fin juin. Le taux d’expertes dans les journaux radiophoniques et télévisés a chuté de 38% à 20% pendant le confinement. Et comme la France ne voit pas les couleurs, on n’a pas les chiffres pour les personnes racisées mais il suffit d’allumer son téléviseur pour l’observer. Pourtant, et c’est le crédo de cette émission, les meilleures expertes seront toujours les concernées. Pour en parler j’ai réuni trois journalistes : Sihame Assbague, Léa Lejeune et Jennifer Padjemi, pour la toute première table ronde de La Poudre sur Zoom, le 9 juin dernier, quelques jours après la première grande manifestation contre les violences policières de l’été 2020, convoquée par Assa Traoré. Le débat fut passionnant et je remercie toutes celles et ceux qui étaient connectés avec nous ce jour-là. Résumé de l’épisode :Pour la première table ronde Zoom de La Poudre, les journalistes Sihame Assbague, Léa Lejeune et Jennifer Padjemi décortiquent le rôle des médias en temps de crise au micro de Lauren Bastide. Qu’on parle de confinement ou des récentes et historiques manifestations antiracistes, vivre ces événements en tant que journalistes (06:32) est une expérience particulière. Pour Sihame Assbague, militante antiraciste de longue date, les médias sont, aujourd’hui encore, l’une des institutions qui perpétuent le racisme structurel en France (13:25). Elle appelle à aller au-delà de la question des représentations en veillant à varier les points de vue représentés sur les plateaux et non seulement l’apparence des invité·e·s (15:34). Pour Jennifer Padjemi, le lien entre expérience du confinement dramatique et sous-représentée, et révoltes contre les violences policières n’est plus à démontrer (18:20). Pour elle, les médias ont un rôle déterminant pour représenter toutes les réalités des populations mais il leur faut pour cela non seulement reconnaître les manquements actuels (26:10) mais aussi mettre en place de vraies stratégies pour faire évoluer en profondeur les rédactions aujourd’hui aveugles à certaines problématiques. C’est aussi ce que défend Léa Lejeune qui, avec l’association Prenons la Une !, travaille depuis plusieurs années à fournir des données objectives pour appuyer la lutte pour le changement (31:09). Si pour elle les quotas sont un outil utile, pour Jennifer Padjemi et Sihame Assbague il s’agit avant tout de veiller à la diversité des discours véhiculés (55:40). Elles s’accordent à dire que la pression exercée aujourd’hui par les réseaux sociaux (57:12), tout comme la formation des jeunes générations de journalistes sont parmi les meilleures pistes pour que les médias reflètent enfin une image plus fidèle de la société qu’ils analysent (01:18:40).Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation de l’introduction et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa Marty et Nora HissemMontage et mixage : Marion Emerit

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  • 17.09.2020
    69 MB
    01:12:21
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    Épisode 78 - Myriam Leroy

    Myriam Leroy, écrivaine et journaliste, est l’invitée du 78e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé d’adolescence, d’écriture et de harcèlement.L’édito de Lauren :Je me rappelle bien du monde d’avant. On n’était pas si mal finalement. On avait l’impression que tout pouvait basculer, qu’on allait peut-être enfin décider de se lever et de se barrer et de leur dire : « On vous emmerde ! » On était en plein dans cette énergie le jour où j’ai rencontré Myriam Leroy à Bruxelles, pour le Bruxels Podcast Festival. C’était le 29 février, le lendemain de la cérémonie des Césars, vous savez celle où… C’était le lendemain et donc on avait une drôle de gueule de bois, mais l’envie d’en découdre et la rage au cœur. Je vous propose de replonger, comme un voyage dans le temps, vers ce moment précis. De nous imaginer, toutes les deux, sur la scène de la grande salle de l’Atelier 210 à Bruxelles, face à un public belge plein de bienveillance, et de rêver à un après où l’on retrouverait un peu cette énergie-là. Ah ! Une toute petite dernière chose, beaucoup de militantes belges m’ont écrit après cette rencontre pour me dire que le féminisme était plus vibrant en Belgique que mon invitée semble le décrire dans l’interview. Il faut leur rendre justice : c’est vrai ! Résumé de l’épisode :Myriam Leroy est journaliste, et autrice de plusieurs romans à succès, même si elle n’arrive pas toujours encore à se dire écrivaine (10:56). Née en 1982, elle grandit dans le Brabant Wallon, une province de Belgique qu’elle décrit comme sans histoire. Adolescente, elle saisit rapidement les rouages du jeu de la séduction (21:20), une période qui l’a inspirée pour écrire Ariane, son premier roman, dans lequel elle capture toutes les ambiguïtés de cet âge de transition et toute la subtilité de la frontière délicate entre amitié et amour. Après une école de journalisme, elle est d’abord pigiste puis réalise en 2011 un webdocumentaire engagé sur l’IVG. La même année, elle commence à travailler comme chroniqueuse à la radio en Belgique. Elle y tient entre autre une rubrique très populaire intitulée « Myriam Leroy n’aime pas », au ton sarcastique assumé où s’exprime son humour pointu (28:26). En 2013, elle rejoint l’équipe d’Ali Baddou dans « La Nouvelle édition » sur Canal plus. C’est l’une de ses chroniques sur ce plateau, à propos de Dieudonné, qui lui vaudra son premier raid de cyberharcèlement (39:58), une expérience d’une violence sans précédent. Aujourd’hui, elle est en mesure de décortiquer son caractère systémique (43:07), de témoigner et d’informer sur la misogynie ancrée dans le cyberharcèlement (01:00:56), qui élimine les voix de femmes des réseaux sociaux. Elle bascule dans la fiction en 2018 avec son premier roman, puis en sort un second, Les Yeux rouges, en 2019, une autofiction parlant de l’expérience du cyberharcèlement (47:50), dans lequel, elle explore aussi la question de la violence des femmes (01:06:10). Depuis peu investie avec succès dans des projets théâtraux, sa dernière pièce, ADN, évoque un sujet qui lui tient particulièrement à cœur : la filiation et son lien à l’identité (01:10:50).Merci au Brussels Podcast Festival d’avoir rendu cet enregistrement possible.Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMixage : Marion Emerit

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  • 17.09.2020
    55 MB
    57:49
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    Épisode 77 - Dali Misha Touré

    Dali Misha Touré, écrivaine et entrepreneuse, est l’invitée du 77e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de violence, de frontières et de maternité.L’édito de Lauren :« J’aimais bien être seule. J’aimais écrire et parler seule. Personne ne m’écoutait mieux que moi-même. Je savais si bien résoudre mes propres problèmes que j’aurais voulu avoir une amie comme moi. Je n’aimais pas le bruit, même quand j’étais à l’école. Certains jours, j’aurais aimé être sourde parce que j’entendais des choses qui me blessaient, des mots durs qui sortaient de la bouche de ma mère ou de mon père. Je me répétais souvent que je n’étais pas faible mais qu’au contraire j’étais très forte. La vérité, c’est qu’au fil des années je faiblissais à l’intérieur et que ça se voyait peu à peu à l’extérieur. Je n’arrivais pas à sourire normalement : j’étais anxieuse, songeuse, et personne ne le comprenait. J’aurais bien aimé pleurer, mais je n’y arrivais pas ; j’aurais bien aimé me sentir mieux, mais je n’y arrivais pas non plus. J’avais parfois le sentiment d’être née pour rien, de vivre sans joie et de rire sans volonté… un sentiment de bassesse qui m’étouffait. Pourtant, au fond, je me sentais plus intelligente que ceux qui m’entouraient : j’arrivais à me comprendre alors qu’eux n’essayaient même pas de le faire. » Dali Misha Touré, Cicatrices, Hors d’atteinte, 2019.Résumé de l’épisode :Dali Misha Touré est autrice de plusieurs romans et entrepreneuse. Elle est née en 1994 et a grandi à Aulnay-sous-Bois (08:30), une enfance heureuse à cheval entre deux langues : le Soninké à la maison, le Français à l’extérieur (10:43). Elle commence à écrire très tôt, en commençant par des poèmes et des lettres pour ses professeur·e·s (12:26). Inspirée par ses lectures de récits de témoignages, elle cherche au travers de ses écrits à donner une voix aux invisibles qui croisent son chemin (14:25). Elle tente ainsi de mieux comprendre celles et ceux qui l’entourent et de rendre leurs récits manquants audibles (16:50). C’est à 15 ans qu’elle autopublie son premier roman, Cicatrices, avec le soutien de sa professeure de français et de la mairie d’Aulnay-sous-Bois (21:38). Elle est alors très encouragée, tant par sa famille que par ses lecteur·ice·s et autopubliera deux autres livres à la suite du premier (23:58). À 17 ans, elle se marie et rêve alors de faire des études de portugais et de voyager (25:11). Après quelques temps à la fac, elle tombe enceinte de son premier enfant, une expérience qui la comble et lui ouvre de nouvelles perspectives, la poussant à prendre une pause dans son parcours universitaire. Elle découvre également la langue arabe, qui réoriente son choix d’occupation professionnelle. Musulmane, sa foi est très importante pour elle (41:00) et elle crée son entreprise en 2018, Al Jannah, un lieu de cours religieux, de vente de vêtements mais aussi depuis peu de lieux de rencontre pour les femmes (05:30). En 2018 également, Marie Hermann de la maison d’édition indépendante Hors d’atteinte lui propose de republier Cicatrices à compte d’éditeur, donnant une seconde vie à ce premier roman (28:52). Profondément ancrée dans les différentes facettes de son identité, elle souhaite que soient mieux comprises ces multiplicités (27:28), et reconnu le choix des femmes désirant porter le voile (38:07). De son côté, en plus de son activité entrepreneuriale, elle a repris des études de psychothérapie et se lance tout juste dans l’écriture de la suite de Cicatrices !Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMixage : Marion Emerit

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  • 17.09.2020
    50 MB
    52:20
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    Épisode 76 - Rachel Keke

    Rachel Keke, gouvernante et porte-parole des femmes de chambre de l’hôtel Ibis Batignolles, est l’invitée du 76e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de femmes, de race et de classe.Pour soutenir le combat des femmes de chambre de l’hôtel Ibis Batignolles, vous pouvez leur faire un don en suivant ce lien : https://www.lepotsolidaire.fr/pot/0oz7r5n8L’édito de Lauren :Intersectionnalité. Est-ce que vous comprenez bien ce mot ? Est-ce que vous le pensez excessif ? Galvaudé ? Dangereux ? Insuffisant ? Il est pour moi la clé de tous les mouvements sociaux actuels. Il est la grille de lecture essentielle afin de relier les luttes féministes, antiracistes et décoloniales. Et comme je ne suis pas la personne la plus légitime pour vous l’expliquer, j’ai eu envie de vous relire le passage du texte de la juriste et chercheuse africaine-américaine Kimberlé Williams Crenshaw, tel qu’il est apparu pour la première fois sous sa plume en 1994. Ne jamais oublier que ce mot a été pensé au départ pour traduire le réel des femmes noires victimes de violences. Résumé de l’épisode :Rachel Keke est l’une des porte-parole de la grève des femmes de chambre de l’hôtel Ibis Batignolles, démarrée le 17 juillet 2019. Elles se battent depuis bientôt un an pour que soient reconnues les conditions de travail désastreuses – quand elles ne sont pas tout simplement illégales –, qui leur sont imposées par leur employeur, STN, sous-traitant du groupe Accor (26:00). Rachel Keke est née en 1974 et a grandi en Côte d’Ivoire, à Abidjan (08:20). Elle commence à travailler à 16 ans en tant que coiffeuse. À 26 ans, elle arrive en France, souhaitant y utiliser ses compétences et poursuivre dans la même voix (09:00), mais les complexités liées à l’obtention de papiers à son arrivée l’en empêche. Après avoir travaillé en tant que garde d’enfants, elle arrive dans l’hôtellerie. STN est le quatrième sous-traitant qu’elle a connu, des entreprises dont les conditions de travail et les cadences inhumaines ont déjà été signalées et combattues par plusieurs mouvements de grèves et procès dans ce milieu professionnel. Accidents du travail, corps abîmés par les tâches répétitives et épuisantes, mépris, quand les femmes de chambre n’ont pas à subir du harcèlement moral et des agressions sexuelles (40:56), Rachel Keke dénonce la réalité effrayante de ces emplois précaires majoritairement féminins (26:00) et les conséquences de la sous-traitance les excluant du régime réservé aux employé·e·s du groupe hôtelier (21:45). Après des années de silence de la part des syndicats qu’elle et ses collègues avaient consultés, c’est finalement la CGT HPE (pour Hôtels de prestige) qui répond à leurs demandes d’aide et de soutien pour faire valoir leurs droits (31:56). Rachel Keke souligne cependant l’importance pour elles de prendre elles-mêmes la parole face aux médias et aux politiques, en tant que premières concernées et expertes des violences qu’elle subissent (37:07). Fragilisées par leur position en tant que femmes racisées, souvent immigrées et piégées par les exigences de renouvellement de leurs papiers (42:50), une situation dont les entreprises de sous-traitance tirent parti, elles trouvent malgré tout de nombreux soutiens, qui leur donnent courage et aide financière pour tenir sur la longueur. Elle appelle à ne pas se voiler la face sur les discriminations subies par les personnes racisées aujourd’hui, entre autres les violences policières (45:18), contre lesquelles elle constate qu’elles n’ont quasiment aucun recours possible. Quant au mouvement de grève des femmes de chambre, Rachel Keke garde espoir alors que la plaidoirie est en cours en ce moment, et espère pouvoir compter sur la jurisprudence de précédents procès gagnés par d’autres femmes de chambre dans cette situation (48:28) pour avoir gain de cause.Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyRecherches et documentation : Clara MatetMixage : Marion Emerit

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  • 17.09.2020
    48 MB
    50:19
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    (Rediff) Épisode 21 - Assa Traoré

    Parce que les vies noires comptent. Parce que La Poudre et Nouvelles Écoutes soutiennent le combat contre le racisme systémique et les violences policières. Parce que nous assistons aujourd’hui, partout dans le monde, à une révolution. Parce que nous voulons la vérité pour Adama. Je vous propose aujourd’hui de réécouter l’interview d’Assa Traoré, parue pour la première fois dans La Poudre le 14 décembre 2017. Écoutez. Comprenez. Soutenez : https://www.okpal.com/adama-traore/?utm_campaign=01C1J63EN1CGGN0EFQCEN0X52T&utm_medium=campaign_endfunnel-okpuid_01E9VHGVZVXD4067Q6CHR5RJBG-20200602&utm_source=share_twitter#/Au micro de Lauren Bastide, Assa Traoré raconte son rôle d'aînée dans une famille de 17 enfants (04:50), son lien avec son père, perdu à l’âge de 14 ans (08:08),et aux deux premières épouses de celui-ci (13:21) son métier d’éducatrice à Sarcelles (20:13), la stigmatisation dont sont victimes les jeunes garçons des quartiers populaires (24:05) le soir de la mort d’Adama Traoré (26:30), les faits qui ont conduit à l’incarcération de deux de ses frères (34:00), et son lien au Mali, où son père et Adama sont enterrés (40:13).Assa Traoré est née en 1985 à Paris. Très jeune, elle s’occupe des plus petits de ses sœurs et frères, issus des premiers mariages de son père. Suite à une intervention dans son école primaire, elle décide de devenir éducatrice spécialisée. Le 19 juillet 2016, son jeune frère Adama Traoré, qui fête ses 24 ans ce jour-là, perd la vie dans la gendarmerie de Persan après une interpellation à Beaumont-sur-Oise. Dans les heures qui suivent sa mort, sa famille met en cause la responsabilité des forces de l’ordre dans son décès. Les autorités nient. Une bataille judiciaire et médiatique s’ensuit. Assa se consacre entièrement à cette lutte, et devient porte parole de l’association “Justice pour Adama”. En mai 2016, elle co-signe avec la journaliste Elsa Vigoureux “Lettre à Adama”, un ouvrage qui raconte ce combat.La Poudre est une production Nouvelles Écoutes. Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu. Coordination : Zisla Tortello. Mixage : Laurie Galligani

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  • 17.09.2020
    64 MB
    01:07:28
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    Épisode 75 - Iris Brey

    L’autrice, chercheuse et critique Iris Brey est l’invitée du 75e épisode de La Poudre, le sixième et dernier de notre série #ellespensentlapres, mêlant parcours personnel et réflexions sur la situation actuelle comme sur le monde à venir. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de grec ancien, de mères infanticides et de regard féminin.L’édito de Lauren :Je voulais vous écrire un texte super émouvant parce que c’est le dernier épisode de La Poudre produit en confinement. Je voulais vous dire plein de trucs sur la mort, sur la vie, sur la surveillance, sur le contrôle... Je voulais peut-être même vous confier des failles à moi, vous expliquer que j’oscille entre deux mondes, toujours, le très lumineux et le très obscur, que ça m’épuise et que ce qu’on vient de vivre a aiguisé tout ça a un point presque intolérable par moment. Je voulais vous parler des émotions extrêmes qu’on a ressenties collectivement et vous promettre qu’on se remet de tout. Et puis je me suis rendue compte que je faisais que ça, en fait, des textes super émouvants en intro de mes podcasts. Je suis tellement prévisible. Donc pour une fois je vais faire sobre. Et juste vous dire merci. Merci de m’écouter, merci de me suivre, merci de me soutenir. Merci pour vos partages sur les réseaux sociaux. Merci d’avoir suivi les lives Instagram sur le compte de La Poudre. Merci de me dire si souvent merci. Merci aussi à mes invitées Fania Noël, Julia Cagé, Claire Marin, Anne Cheng et Alice Coffin pour leur générosité lors de ces enregistrements à distance, grâce à elles je crois qu’on a vraiment toutes les clés pour le penser, ce fameux monde d’après. Je suis vraiment fière de cette série, qui se termine en beauté avec la chercheuse et critique Iris Brey. Juste avant tout ça, elle était en première ligne de cette révolution féministes menée par les femmes du cinéma français. Vous savez ? Celle qui reprend là, maintenant, tout de suite. Résumé de l’épisode :Iris Brey est chercheuse, journaliste et critique. Elle est aussi l’autrice de deux livres plongeant dans les dessous des images et des représentations produites par nos sociétés, dans les séries d’abord, puis dans le cinéma. Née en 1984 d’un père américain et d’une mère française, elle grandit entre Paris, les États-Unis et le Japon (15:17). Elle développe ainsi un rapport aux langues très particulier, renforcé par ses études en grec ancien (19:40), qui lui donnent une conscience aigüe des systèmes de perception créés par les mots eux-mêmes. Outre le grec, elle étudie aussi littérature (23:13) et cinéma, et travaille ainsi sur la construction des imaginaires, notamment autour de la représentation des corps féminins (26:30). Elle examine dans ses travaux de recherche ces figures féminines, toujours passées au crible d’un regard désirant masculin, ce que la chercheuse Laura Mulvey avait appelé le male gaze. Elle questionne aussi les lieux dévolus aux figures de femmes, toujours punies pour avoir occupé l’espace public sans but précis (28:12), mais aussi les violences qui leur sont faites. Le cinéma, qui rend captif son public (33:10), est peuplé de scènes de viol, quasiment exclusivement filmées du point de vue de l’agresseur et souvent mêlées à des notions de désir (39:49). C’est ce lieu commun qu’Iris Brey dénonce et appelle à faire évoluer pour que chacun·e prenne conscience de ces représentations qui alimentent la culture du viol. C’est parce que le cinéma prend une telle place dans le monde culturel aujourd’hui et parce que ses acteur·ice·s ont une visibilité et parfois un pouvoir économique ayant très peu d’égal, que ce milieu est selon elle aussi lié à la vague féministe actuelle (45:55). Elle y est elle-même engagée pour faire bouger ces lignes, notamment au sein du collectif 50/50 pour 2020 (12:59) qui œuvre à remettre en question la répartition du pouvoir dans ces espaces professionnels de création (11:03). Elle a aussi accompagné l’essentiel témoignage d’Adèle Haenel à Médiapart (49:04), constatant aux premières loges les résistances françaises à faire évoluer les choses (52:48). Sidérée par les résultats des Césars de cette année (58:32), elle espère elle aussi que la révolution féministe ne sera pas arrêtée par la pandémie qui révèle de façon criante les règles du système patriarcal et les inégalités qu’il engendre (01:02:36).Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMixage : Marion Emerit

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  • 17.09.2020
    63 MB
    01:06:05
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    (Rediff) Épisode 49 - Déborah Lukumuena

    Après le confinement, le Podcast Club de Nouvelle Écoutes continue ! Chaque jour, un.e membre de l’équipe met en avant son épisode préféré d’un podcast Nouvelles Écoutes. Aujourd'hui, il s'agit de la recommandation d'Ashley, productrice.« Comme pas mal de personnes, j’ai découvert Déborah Lukumuena grâce à sa performance incroyable dans « Divines » d’Houda Benyamina. Je me souviendrai toujours du jour où j’ai écouté cet épisode. C’était un samedi, je revenais de chez ma mère, j’étais dans un train pour rentrer à Paris. L’histoire de cette actrice m’a retournée. J’ai adoré entendre son discours radical, intransigeant et sans concession. Le passage où elle parle du rôle de la colère dans sa vie m’a marqué : l’entendre revendiquer ce sentiment, tellement mal perçu chez les femmes noires, m’a fait un bien fou. Bonne (ré)-écoute à tou.te.s ! »Au micro de Lauren Bastide, Déborah Lukumuena parle de sa réussite (5:49), de sa double enfance en région parisienne et de la colère qui l’habite (7:16), de ses liens avec la République démocratique du Congo (11:48), de l’importance de la littérature (14:50) et de l’arrivée du cinéma dans sa vie (16:12), ainsi que de la complexité des personnages qu’elle aime incarner (23:06). Elle évoque aussi le long casting de "Divines" (26:23), la beauté de Maïmouna (attention spoiler, 35:00), les liens entres les différents personnages qu’elle joue (38:50), la stigmatisation des actrices noires (43:22), les choix qui guident sa carrière (47:54), les réactions racistes auxquelles elle a dû faire face suite aux Césars (51:00) et son rapport à elle-même (60:00).Déborah Lukumuena est comédienne. Née en 1994, elle est passionnée de littérature et rêve d’abord de devenir professeure de français. C’est en regardant la série Les Tudors qu’elle a le déclic qui la mène à passer le casting pour le film d’Houda Benyamina, "Divines", pensant briguer un rôle de figurante. Sélectionnée pour jouer l’un des deux personnages principaux, elle décroche en 2017 le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour sa performance. Elle entre alors au conservatoire et a depuis joué dans "Roulez jeunesse" et "Les invisibles" au cinéma, ainsi que dans la pièce "Anguille sous roche" au théâtre. Elle y joue seule sur scène et porte magistralement un monologue puissant et politique.La Poudre est une production Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuMixage du générique du cycle Cinéma : Charles de CilliaCoordination : Gaïa MartyMixage : Paul Lambert de Cursay

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  • 17.09.2020
    64 MB
    01:07:09
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    Épisode 74 - Alice Coffin

    La journaliste et militante Alice Coffin est l’invitée du 74e épisode de La Poudre, le cinquième de notre série #ellespensentlapres, mêlant parcours personnel et réflexions sur la situation actuelle comme sur le monde à venir. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Paris, de médias et de politique.L’édito de Lauren :Salut vous allez bien ? Moi je suis toujours confinée parce que mes enfants ne retournent pas à l’école pour l’instant. Et aussi parce que je crois qu’étrangement j’ai trouvé un certain confort dans cet isolement forcé, je ne sais pas si je dois m’en inquiéter. Ce qui me manque ce sont les sorties culturelles. La toute dernière que j’ai faite c’était à Bobino en mars, j’étais retournée voir VIRIL, vous savez ce spectacle dont je vous ai déjà parlé dans l’introduction de mon épisode avec Casey. VIRIL c’est Virginie Despentes, Béatrice Dalle et Casey qui lisent sur scène des textes féministes et queer radicaux. Je les relis en ce moment, c’est tellement bon, et mon préféré, celui qui résume le mieux mon désir, c’est celui-ci, le texte culte écrit en 1992 par l’artiste américaine Zoe Leonard. Un texte qui avait été tapé à la machine et distribué sur des tracts, à la main, à New York, et ici librement traduit. Désolée ça aura pas autant de gueule que quand c’est Béatrice Dalle qui le dit.Résumé de l’épisode :Alice Coffin est journaliste et militante, autrice d’un livre très attendu sur le génie lesbien qui sortira en octobre 2020 (52:44). Née en 1978, elle grandit à Paris dans le 12e, dans une famille nombreuse, ouverte et aimante (20:34). Elle comprend très jeune tous les paradoxes des injonctions aux comportements genrés (25:58) et milite contre le système hétéropatriarcal dans plusieurs collectifs et associations (24:23), dont La Barbe depuis 2010, la European Lesbian Conference dont elle est cofondatrice ou encore la LIG (Lesbiennes d’Intérêt Général), premier fonds de dotation féministe et lesbien. Après les manifestations lors du vote de la loi pour le mariage pour tous et leur traitement médiatique régulièrement atterrant (30:50), elle s’attaque au concept de « neutralité » qui n’est souvent en réalité qu’un moyen de silenciation des minorités (31:50). Pour elle, le regard des femmes issues des minorités est pourtant essentiel, leur position dans la société et les difficultés qu’elles doivent surmonter pour s’y adapter leur permettant de voir et de lutter plus efficacement contre les oppressions structurelles (45:23). Elle reste cependant méfiante des discours annonçant qu’il n’y aura pas de retour en arrière, ayant été témoin des stagnations, reculs et backlashs sur divers fronts, de la place des femmes dans le cinéma français aux débats sur la PMA (42:30). Engagée depuis peu à l’échelon local pour Europe Écologie les Verts, elle affirme toute la force politique que revêtent les corps lesbiens qui s’affichent dans l’espace public (47:55). Activiste depuis de nombreuses années, elle voit de nombreuses similarités entre les combats féministes et écologistes (01:00:20) et appelle à se passer du regard des hommes pour inventer un ailleurs et un autrement (56:33).Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMixage : Marion Emerit

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  • 17.09.2020
    48 MB
    50:35
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    (Rediff) Épisode bonus - Fashion Revolution

    Pour continuer de vous accompagner pendant le déconfinement, Nouvelles Écoutes, le studio qui produit ce podcast, continue le Podcast Club. Chaque jour, on vous propose de réécouter un épisode tiré de nos archives et d'échanger ensuite toutes et tous sur les réseaux sociaux de Nouvelles Écoutes. Prenez soin de vous et bonne écoute.Dans cet épisode bonus enregistré le 22 avril 2017 lors de la journée “Fashion Revolution”, organisée en hommage aux victimes de l’effondrement du Rana Plaza, au Bangladesh, le 24 avril 2013, Lauren Bastide tend son micro à 4 femmes militant au quotidien pour une industrie de la mode plus respectueuse des droits humains et de l’environnement : Anaïs Dautais, Laura Brown, Nayla Ajaltouni et Stéphanie Calvino.Installées au bord du Canal Saint-Martin, elles racontent successivement leurs ressentis après avoir appris l’effondrement du Rana Plaza, le 24 avril 2013 : Laura (06:19), Anaïs (08:18), Stéphanie (11:50), et Nayla (15:14). Elles dénoncent la promesse mensongère de la mondialisation (20:59), énumèrent les problèmes écologiques qui sont liés à la fast-fashion (21:33), et les pistes à suivre pour consommer responsable (25:25). Elles racontent la double peine que subissent les femmes travailleuses dans l’industrie du textile (42:21), la mode éthique comme un combat féministe (44:48) et livrent des mantras de consommatrices et consommateurs responsables à appliquer dès demain (48:50).Au micro de Lauren Bastide : Anaïs Dautais, créatrice de la marque Les Récupérables dont les vêtements sont créés à partir de matériaux récupérés et “upcyclés”, Nayla Ajaltouni, coordinatrice du Collectif Éthique sur l’étiquette, qui regroupe des associations de solidarité internationale, des syndicats, des mouvements de consommateurs et des associations d’éducation populaire, Laura Brown, fondatrice d’Éthipop, une communauté de créat-eur-rice-s éthiques et responsables, et Stéphanie Calvino, organisatrice des conférences « Anti_Fashion » et membre du Collectif 52.Merci à Sébastien Kopp et à Veja pour avoir associé La Poudre à cet événement.La Poudre est une production Nouvelles Écoutes. Réalisation de l’épisode : Xavier Faltot pour La Chambre à Air.Réalisation sonore et générique : Aurore Meyer-Mahieu. Coordination : Zisla Tortello. Mixage : Laurie Galligani

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  • 17.09.2020
    62 MB
    01:04:40
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    Épisode 73 - Claire Marin

    La philosophe Claire Marin est l’invitée du 73e épisode de La Poudre, le quatrième de notre série #ellespensentlapres, mêlant parcours personnel et réflexions sur la situation actuelle comme sur le monde à venir. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de maladie, d’identité et de soin.L’édito de Lauren :« On aimerait que la rupture soit une coupure franche. Bien droite et nette, d’un seul coup, comme le sabre qui décapite. Mais la rupture est déchirure. À la différence de la séparation qui laisserait chacun redevenir la part entière qu’il était déjà auparavant, comme le rappelle l’étymologie, la rupture est une déchirure. Elle ne retrouve que rarement les contours nets de chacun. On ne rompt pas comme on découpe le long des pointillés, respectant soigneusement le patron qui reprend notre forme exacte. On déchire dans le tissu d’une vie commune où les identités des uns et des autres se sont si étroitement mêlées que plus personne ne sait vraiment où il commence et où l’autre s’arrête. Mais celui qui veut rompre croit le savoir. Il croit pouvoir dessiner l’ombre où il perçoit sa silhouette propre et veut se débarrasser de ce flou indécis, des présences qui l’encombrent, des liens qui l’empêchent d’être vraiment lui-même.La rupture propre, comme un chiffre qui se divise sans reste, est sans doute impossible. Nous ne pouvons pas nous ‘‘réduire dans le temps, semblable à un nombre, sans qu’il reste une fraction bizarre’’, pour reprendre l’expression de Nietzsche. Même rompus, les liens peuvent rester sensibles, membres fantômes, témoins d’une ancienne vie. »Rupture(s), Claire Marin, Éditions de l’Observatoire, 2019.Cet épisode a été enregistré le 29 avril 2020, en confinement, un jour de pluie.Résumé de l’épisode :Claire Marin est philosophe, enseignante, et autrice de plusieurs livres passionnants dont le dernier, Rupture(s), résonne très fort avec la situation actuelle. Née en 1974 à Paris, son enfance à Nantes est pleine de lectures, de solitude et de lenteur (11:11). Docteure en philosophie, cette discipline a été un coup de cœur pour elle dès le lycée (14:41) et joue un rôle important dans sa vie. Frustrée par son côté parfois aride et abstrait, elle se sert de ses outils et les rend plus accessibles, plus en prise avec le réel et notamment avec le corps au travers d’une philosophie de la maladie (20:13). Elle-même diagnostiquée d’une maladie auto-immune qu’elle raconte pudiquement dans son roman Hors de moi, elle fait aujourd’hui partie des personnes ‘‘à risque’’ (07:05) et aborde avec clarté les enjeux d’une société qui s'appuierait uniquement sur des critères quantitatifs d’évaluation de la santé de ses citoyen·ne·s pour statuer sur leurs droits et libertés (35:00). Elle évoque également la dangerosité de la culpabilisation des malades pour dédouaner les politiques (41:11), une tendance déjà largement observée avant même l’impact du Covid-19. La crise actuelle est pour elle une rupture (24:40) qui apporte une nouvelle instabilité dans nos vies déjà bien plus mouvantes que celles des générations précédentes (27:30). Elle ne croit cependant pas en sa valeur transformatrice, même si elle espère certaines conséquences positives comme une plus grande présence des femmes sur le devant de la scène, elles qui sont si essentielles au combat actuel contre la maladie (09:20). Enseignante en classe préparatoire dans le Val d’Oise à côté de ses travaux de recherches, elle constate l’impossibilité de mettre en place les recommandations gouvernementales dans des espaces délaissés par la République depuis longtemps, ce dont sont bien conscientes les populations concernées, lassées d’être considérées comme des citoyen·ne·s de seconde zone lorsqu’elles ne sont pas tout simplement oubliées et maltraitées (57:10). Claire Marin appelle à reconnaître toute la légitimité de cette colère et celles générées par la crise en cours et à mettre des mots dessus grâce à la philosophie (47:20).Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMixage : Charles de Cillia

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  • 17.09.2020
    69 MB
    01:12:44
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    Épisode 72 - Anne Cheng

    La sinologue Anne Cheng est l’invitée du 72e épisode de La Poudre, le troisième de notre série #ellespensentlapres, mêlant parcours personnel et réflexions sur la situation actuelle comme sur le monde à venir. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Confucius, de sinophobie et de vanité.L’édito de Lauren :Cette crise nous oblige à nous demander à quoi on sert. Il y a ceux et surtout celles, qui ont des métiers essentiels à la société. Celles qui sont sur le front, à se battre contre la maladie, à soigner nos ancien·ne·s, à nous nourrir, à nous assurer un environnement propre et sain. Je voudrais remercier ces femmes-là et leur faire la promesse qu’on ne les oubliera pas demain, quand il faudra se battre pour qu’elles soient rémunérées à la hauteur de leur importance et traitées avec le respect qui leur est dû. Moi je fais partie des confiné·e·s, des professions dites intellectuelles, des bullshit jobs, des télétravaillants, des pas essentiel·le·s, des utiles, à la rigueur. Mais j’ai la chance inouïe de faire le travail le plus merveilleux du monde : interviewer des femmes. Je suis plus reconnaissante que jamais d’avoir ce privilège-là. Il me permet de poursuivre avec vous le cycle #ellespensentlapres en compagnie de l’une des plus grandes penseuses que j’ai jamais rencontrées. Anne Cheng est sinologue et professeure au Collège de France. J’avais eu la chance de l’interviewer une première fois pour mon émission Les Savantes, sur France Inter, il y a deux ans de cela. Je voulais qu’elle vienne ici, dans La Poudre, partager avec vous ce savoir immense qu’elle détient sur la Chine. Il m’a semblé que c’était urgent et elle a accepté mon invitation. Bande de veinardes et de veinards !Résumé de l’épisode :Anne Cheng est sinologue et professeure au Collège de France depuis 2008. Directrice de collection et autrice de nombreux ouvrages, sa vision sur les liens entre la France et la Chine est éclairante. Née à Paris en 1955, elle grandit en France avec son père, François Cheng, poète et membre de l’Académie française (11:07). Sa mère, repartie en Chine juste avant la Révolution culturelle, ne pourra à nouveau entrer en contact avec elle que dix ans plus tard. Anne Cheng se réapproprie son lien avec la Chine en s’attaquant à 26 ans à la traduction d’un texte fondateur : les entretiens de Confucius (16:36). Elle crée ainsi des attaches au pays d’origine de ses parents par un biais qui lui est propre (23:00). Au travers de son parcours de chercheuse, elle étudie en profondeur les origines et les reconfigurations diverses du lien entre la France et la Chine : depuis les idées reçues plutôt positives au XVIIe siècle – bien que biaisées par les objectifs des Jésuites (29:50) –, en passant par les premières traces de sinophobie après le XVIIIe, jusqu’aux clichés racistes hérités de la période coloniale. Clichés qui ressortent avec violence aujourd’hui, bien que le racisme contre les personnes asiatiques ne date pas d’hier : elle, comme ses filles en ont d’ailleurs déjà fait les frais par le passé (40:08). Cette histoire ancienne et tortueuse qu’elle étudie depuis longtemps est à présent teintée des effets de la mondialisation, dans laquelle la Chine a une place centrale, ce que la crise actuelle rend incontestable (34:48). Elle observe avec recul et finesse la place de ce pays et de son influence grandissante, notamment dans de nombreux pays d’Afrique (49:36). Elle appelle cependant à sortir de la mise en miroir entre Chine et Occident qui crée une binarité effaçant toute la complexité de ces cultures et de leurs relations (46:40). En ce moment, si son travail de recherche est évidemment perturbé par les circonstances actuelles (07:27), elle est attentive à ce qui se passe ici comme là-bas (06:19) et continue à analyser sans angélisme le rôle de l’Empire du milieu dans la crise en cours (58:11).Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMixage : Charles de Cillia

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  • 17.09.2020
    61 MB
    01:03:44
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    (Rediff) Épisode 11 - Najat Vallaud-Belkacem

    Pendant cette période de confinement, Nouvelles Écoutes, le studio qui produit ce podcast, organise un Podcast Club. Chaque jour, on vous propose de réécouter un épisode tiré de nos archives et d'échanger ensuite toutes et tous sur les réseaux sociaux de Nouvelles Écoutes. Prenez soin de vous et bonne écoute.Dans ce onzième épisode de La Poudre, Najat Vallaud-Belkacem se livre, au micro de Lauren Bastide, à l’Hôtel de Rochechouart du Ministère de l’Éducation Nationale.Najat Vallaud-Belkacem est ministre de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche depuis août 2014. Elle est née en 1977 dans le village de Beni Chiker, au Maroc. Najat Vallaud-Belkacem arrive en France à l’âge de 4 ans et grandit dans la banlieue d’Amiens. Diplômée de l’Institut d’Études Politiques de Paris, elle est militante du parti socialiste, et est élue pour la première fois en mars 2004, Conseillère Régionale du Rhône-Alpes. Pendant la campagne présidentielle de 2007, elle est porte-parole de Ségolène Royal. Le 15 mai 2012, le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault la nomme Ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement. En Août 2014, elle devient la première femme à occuper le poste de ministre de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.Au micro de Lauren Bastide, Najat Vallaud-Belkacem dresse le bilan de son mandat gouvernemental de 5 ans (02:50), raconte son enfance dans la vallée du rif au Maroc (08:40), son adolescence sage dans les quartiers nord d’Amiens (19:15), sa difficulté à se trouver des modèles de femmes (25:15), les attaques sexistes et racistes dont elle a fait l’objet (32:25), la bataille autour de de son projet « ABCD égalité » (41:00). Elle donne aussi sa définition de la laïcité (47:30) et dévoile son désir d’en découdre avec le FN (53:35).La Poudre est une production Nouvelles Écoutes.Réalisation et générique : Aurore Meyer-Mahieu.Mixage : Zaki Allal.Assistante de production : Zisla Tortello.

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  • 17.09.2020
    55 MB
    57:30
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    Épisode 71 - Julia Cagé

    L’économiste Julia Cagé est l’invitée du 71e épisode de La Poudre, le deuxième de notre série #ellespensentlapres, mêlant parcours personnel et réflexions sur la situation actuelle comme sur le monde à venir. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de dette, de représentation et de revenu universel.L’édito de Lauren :Bon. Alors j’ai une théorie. Ça vaut ce que ça vaut mais, pour moi, cette crise produit un effet loupe. Tout ce qui arrive, c’est comme avant, mais en version grossie. Les violences policières dans les quartiers populaires c’est pas nouveau, mais c’est pire. Les injonctions sexistes dans les magazines féminins c’est comme d’hab, mais ça choque plus. La fragilité des vieux, la mise en danger des pauvres, l’importance de l’école gratuite, la difficulté à vivre en couple hétérosexuel, on était au courant, mais le confinement rend tout exagéré, colossal. Sur le plan individuel c’est pareil, nos névroses prennent beaucoup de place, nos soucis de santé aussi. On n’est rien d’autre que ce qu’on est, mais y a plus moyen d’y échapper : on est confiné·e·s dans nos propres petits enfers personnels. Moi par exemple, là, je me rend compte que je suis maman, alors qu’avant j’avais quand même plusieurs heures dans la journée où je pouvais l’oublier. Je me sens fille de mes parents, plus qu’avant, parce qu’ils me manquent et que je suis loin d’eux. Je saisis encore plus à quel point je suis privilégiée et comme le confort matériel dont je bénéficie change tout dans ce contexte. Il y a un truc qui me saute au yeux, quelque chose que je contournais un peu jusqu’ici : je suis cheffe d’entreprise. Mon associé Julien et moi, on se prend la crise en pleine figure. Le podcast, c’est gratuit. On gagne des sous uniquement grâce à la pub. Et en temps de crise, bah de la pub y en a pas, enfin pas beaucoup en tout cas. On a peur de tout perdre et on est prêts à se battre pour que ça n’arrive pas. On se retrouve tous les deux à parler d’exonération d’URSSAF, de prêt garanti par l’état, d’activité partielle et de banque publique d’investissement. Et comme dans les médias on n’entend que des vieux gars parler de tout ça, j’ai eu envie d’échanger avec une économiste, jeune, brillante, progressiste, pour vulgariser. Résumé de l’épisode :Julia Cagé est chercheuse en économie et l’autrice de plusieurs brillants ouvrages, dont Le Prix de la démocratie dans lequel elle explore les ressorts économiques du fonctionnement de la vie politique française. Née en 1984 à Metz, elle déménage souvent étant enfant (11:58) mais rentre en classe préparatoire à Marseille et finit par intégrer l’École normale supérieure, poussée par son admiration pour les figures intellectuelles de gauche (13:35). De gauche, elle l’est certainement et ne s’en cache jamais. Elle a d’ailleurs été la conseillère économique de Benoît Hamon lors de la campagne présidentielle de 2017. Cette prise de position est souvent utilisée pour discréditer son travail de chercheuse (15:18) mais elle l’assume sans ambage, dénonçant au contraire la supposée neutralité d’un certain milieu de la recherche (17:19). Lors de la campagne, elle a été l’une des actrices majeures de la proposition du candidat sur le revenu universel (20:10), aujourd’hui revenu au centre des débats. À l’époque, elle a dû faire face à de nombreuses marques d’un sexisme bien ancré, tant dans la presse que dans la politique (26:46). Elle est aujourd’hui plus assurée dans son positionnement féministe, appelant à utiliser les outils de l’état de droit pour changer durablement les règles et faire entendre les femmes (29:40). Elle rappelle d’ailleurs le besoin d’une représentation descriptive pour une démocratie en bonne santé (30:56). Dans la crise actuelle, elle appelle de ses vœux une relance verte de l’économie, un chemin toujours plus nécessaire vers la transition (32:40). Elle souligne aussi toute l’importance de l’impôt (40:00) pour parvenir à une société plus juste et sa dénonciation du système de dons des plus riches à l’américaine est limpide (43:10). Ses analyses font rêver d’une démocratie plus égalitaire pour demain (49:22).La chanson que vous entendez à la fin de l’épisode est « La Rage » par Nina Montagné.Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMixage : Charles de Cillia

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  • 17.09.2020
    67 MB
    01:09:58
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    Épisode 70 - Fania Noël

    L’autrice et militante Fania Noël est l’invitée du 70e épisode de La Poudre, le premier enregistré en confinement. À contexte particulier, discussion particulière : cet épisode mêle parcours personnel et réflexions sur la situation actuelle comme sur le monde d’après. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de révolte, de rêve et de révolution.L’édito de Lauren :Avec Fania Noël, on devait se voir pour de vrai, avant que la pandémie nous confine. On avait programmé ce rendez-vous dans le monde d’avant. Vous vous rappelez ? On en était là : Adèle Haenel s’était barré, Aïssa Maïga leur avait mis le nez dans leur racisme, Virginie Despentes avait dit : « On se lève et on se casse ! », à la manif’ on était des milliers, déterminées, et au village féministe, Mwasi, Lallab et d’autres asso avaient appelé à sortir de l’effroi. À force de s’époumoner on commençait à avoir - enfin, moi je l’avais -, la vague impression qu’on était entendues, que nos cris résonnaient et puis d’un coup, silence. Confiné·e·s. Enfermé·e·s chez nous ou envoyé·e·s au front, nous voilà à nouveau silencié·e·s. Nos combats passeront après. Les violences contre les femmes ont augmenté de plus de 30% au sein des foyers depuis le début du confinement. Les femmes les plus précaires, aides à domicile, aide-soignantes, caissières, ouvrières, sont abandonnées, sans protection contre la maladie. Dans les médias, sexisme et racisme s’en donnent à cœur joie, et un grand quotidien propose à quatre vieux gars blancs de raconter le monde de demain. Comment peuvent-ils penser le monde de demain, eux qui ne comprennent pas même les violences de celui d’aujourd’hui ? C’est à elles de l’énoncer. Résumé de l’épisode :Autrice, fondatrice de la revue AssiégéEs, hôtesse de deux podcasts et militante dans l’association Mwasi depuis plusieurs années, Fania Noël lutte pour une société antiraciste, antisexiste et anticapitaliste, en créant des outils accessibles pour ces combats. En ce moment, elle en appelle plus que jamais aux utopies pour lutter contre la stupeur et l’effroi créés par le confinement et ses conséquences (06:10). Née en Haïti et arrivée à deux ans en France, elle est diplômée de la Sorbonne en sciences-politiques (07:34). Ses études l’aident à théoriser sa connaissance instinctive des rapports de pouvoir et de l’impact qu’ils ont sur les corps de ses proches (12:18). Elle cherche des lieux militants pouvant répondre à ses interrogations et ses envies de changer le système mais ne trouve pas d’espaces répondant à l’intersection des discriminations dont elle fait l’expérience (30:22). C’est finalement internet qui se révèlera le catalyseur de sa politisation personnelle (33:50). Cette position particulière d’être une femme noire en militantisme blanc finit par la mener en 2015 à la rencontre de Mwasi, collectif afroféministe dont elle fait depuis partie (36:29). En 2016, elle monte un camp d’été décolonial avec la militante Sihame Assbague et se retrouve en butte à de nombreux opposant·e·s, de la gauche comme de la droite, qui ne supportent pas l’idée de réunions en non-mixité et leur vision de la lutte antiraciste. Cette expérience se reproduit avec la tenue du festival Nyansapo organisé par Mwasi en 2017, ce qui ne l’empêche pas de continuer à agir. Si la colère est un bon point de départ, elle revendique son dépassement pour pouvoir construire l’après et l’autrement (16:50). Dans la crise actuelle qui révèle plus que jamais le racisme systémique (48:09), elle dénonce l’impact psychologique de l’impossible mythe de la « housewife » noire (54:40) et appelle à s’approprier les outils théoriques pour que demain, la lutte reprenne encore plus fort (01:04:50).Les sons de manifestation que vous entendez dans l’introduction ont été enregistrés par Lauren Bastide le 8 mars 2020.Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMixage : Charles de Cillia

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  • 17.09.2020
    2 MB
    02:52
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    Nouvelles Écoutes présente Et toi, ça va ?

    Nouvelles Écoutes présente « Et toi, ça va ? » un podcast animé par la journaliste Dolores Bakèla sur les sons de ce premier confinement planétaire. Tous les vendredis, elle prends le pouls du confinement en passant des coups de fils à l’équipe élargie de Nouvelles Écoutes. Des Outre-Mer à Rio de Janeiro, en passant par la France métropolitaine, chaque épisode sera dédié à un sujet que la pandémie actuelle bouleverse : les droits individuels, la violence de classe, la solitude ou l'exiguïté… Ce podcast inaugure le nouveau flux « Studio 56 », le laboratoire sonore du studio Nouvelles Écoutes pour expérimenter, inventer, jouer avec le son. Pour vous abonner : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/studio-56/id1506571369Et pour suivre l’actualité de l’émission, abonnez-vous au compte @nouvellesecoutes sur Instagram et sur Facebook, ou @NouvEcoutes sur Twitter.

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  • 17.09.2020
    60 MB
    01:03:20
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    (Rediff) Épisode 37 - Emma

    Pendant cette période de confinement, Nouvelles Écoutes, le studio qui produit ce podcast, organise un Podcast Club. Chaque jour, on vous propose de réécouter un épisode tiré de nos archives et d'échanger ensuite toutes et tous sur les réseaux sociaux de Nouvelles Écoutes. Prenez soin de vous et bonne écoute.Au micro de Lauren Bastide, Emma raconte son enfance près de Troyes (06:20), le métier d’ingénieure informatique (10:28), son besoin profond de changer le monde (13:40), la maternité comme catalyseur d’injustices (16:30), le lien entre travail et féminisme (22:06), son militantisme contre les violences policières (29:10), le travail émotionnel (39:05), la charge mentale (44:00), les réseaux sociaux qui précarisent le militantisme (53:02), et le droit à la colère (56:48).Emma est une activiste, autrice et dessinatrice née en 1981 à Troyes. Elle vient de publier « La charge émotionnelle », troisième tome de sa série de bandes dessinées intitulée « Un autre regard », aux éditions Massot. Elle y aborde notamment les thèmes du consentement, des violences policières et de la charge émotionnelle. Après un BTS Informatique, Emma intègre une école d’ingénieurs. Une fois diplômée et intégrée dans la vie active, sa première grossesse lui fait prendre la mesure du sexisme systémique. Elle crée alors un blog sur lequel elle publie des planches au dessin très simple abordant des sujets qui la révoltent. En mai 2017, Emma rassemble ses dessins dans une première bande dessinée. La veille de sa sortie, elle publie une planche intitulée « Fallait demander » sur le thème de la charge mentale. En quelques heures, sa communauté passe de 40 000 à 250 000 abonné-e-s. Le deuxième tome suivra quelques mois plus tard, en novembre 2017. Elle est aujourd’hui suivie par une vaste communauté, qu’elle contribue à conscientiser par son trait efficace et didactique.La Poudre est une production Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuCoordination : Zisla TortelloMixage : Laurie GalliganiERRATUM : le texte de la bande-dessinée d'Emma qui s'intitule « Montrez-moi ces seins » est l'œuvre d'Ariane Papillon. Il n'a donc pas été inspiré par une lectrice comme il est mentionné dans l'épisode, mais écrit par celle-ci et illustré par Emma.

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  • 17.09.2020
    72 MB
    01:15:10
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    Épisode 69 - Géraldine Dormoy

    Géraldine Dormoy, journaliste et autrice, est l’invitée du 69e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé d’influence, d’internet et d’injonction.L’édito de Lauren :Nous sommes le 30 mars 2020, selon l’AFP 3,4 milliards d’êtres humains sont actuellement en confinement. J’enregistre cette introduction depuis chez moi et j’espère que vous allez bien. La conversation avec Géraldine Dormoy que vous vous apprêtez à écouter date de septembre dernier. Je venais de lire son livre, Un Cancer pas si grave, qui m’avait impressionnée. Dans ce journal, elle raconte son cancer du sein. Un cancer qui n’était pas si grave, elle en a réchappé, mais ce titre décrit bien aussi le flegme de cette journaliste que je connais, et apprécie depuis des années. Franchement, le calme et la franchise de Géraldine Dormoy font du bien par les temps qui courent. C’était donc en septembre 2019, c’était juste après le décès de Maëlle Sigonneau. Maëlle… Ça me bouleverse de penser à Maëlle. Qu’est-ce que j’aimerais l’entendre parler de santé, de féminisme et de politique en ce moment, avec sa vision acérée et sa douceur déterminée. Maëlle était l’autrice et la narratrice du podcast Impatiente produit par Nouvelles Écoutes. Elle l’avait co-créé avec l’anthropologue Mounia El Kotni. Dans ce documentaire, Maëlle raconte son cancer du sein et décrypte les injonctions sexistes qui ont parsemé son parcours de patiente. Son cancer était grave. Elle en est morte le 17 août 2019. Elle avait 33 ans. Quand vous aurez fini d’écouter cet épisode de La Poudre, prenez le temps, s’il-vous-plaît, d’aller écouter les sept épisodes d’Impatiente. Surtout le tout dernier, que nous avons mis en ligne il y a quelques jours : « La révolte gronde ». Après, si vous voulez bien, on réfléchira à ce que notre système de santé a de violent et d’injuste, et comment nous souhaitons construire le monde d’après.Résumé de l’épisode :Géraldine Dormoy est l’autrice du livre Un Cancer pas si grave dans lequel elle raconte son cancer du sein. Journaliste, elle a travaillé à L’Express Style presque dix ans et est l’une des blogueuses mode précurseuses. Née en 1976, elle a grandit dans le Val d’Oise (12:14) dans une famille unie, ce qui ne l’empêche pas de grandir avec une certaine anxiété qu’elle a appris à gérer au fil des années. Très jeune, en partie influencée par sa fascination pour le monde de la mode, elle entretient un rapport pas toujours serein avec son corps et son poids (21:23) qui la mène jusqu’à la boulimie. C’est Internet et le soutien qu’elle y trouve dans les communautés en ligne qui lui permet de mettre des mots sur ses troubles alimentaires (26:00). C’est Internet encore qui la met sur le chemin qui sera le sien : en 2005, perdue professionnellement, elle ouvre un blog (35:12). Le succès qu’elle y rencontre la pousse à reprendre des études (37:00) et, après une formation à l’Institut français de la mode, elle rentre à L’Express Style en tant que journaliste en 2009. Passionnée par la mode, elle garde tout de même un certain recul avec le milieu et, aujourd’hui encore, analyse avec précision les écueils rencontrés par les influenceuses contemporaines (43:51) ou l’absence de vrais changements post #Me Too (47:10). C’est en 2017 qu’elle est diagnostiquée pour son cancer du sein. Un moment de sa vie qu’elle raconte avec franchise dans son livre, n’omettant ni son quotidien, ni les questions de sexualité (24:38) de rapport à son corps, ou encore les nombreuses remises en question des injonctions sexistes qui continuent à s’abattre sur les patientes (58:21) tout au long de leur parcours de soin.Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMixage : Charles de Cillia

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  • 17.09.2020
    65 MB
    01:08:36
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    (Rediff) Épisode Bonus - Présent·e·s avec Elisa Rojas

    Pendant cette période de confinement, Nouvelles Écoutes, le studio qui produit ce podcast, organise un Podcast Club. Chaque jour, on vous propose de réécouter un épisode tiré de nos archives et d'échanger ensuite toutes et tous sur les réseaux sociaux de Nouvelles Écoutes. Prenez soin de vous et bonne écoute.Dans cet épisode bonus enregistré le 11 octobre 2018 au Carreau du Temple dans le cadre du cycle de conférences « Présent·e·s » qui explore la place des femmes dans l’espace public, Elisa Rojas raconte la création de son blog « Aux marches du Palais » comme un contre espace public (07:35), ce que l’étude du droit lui a apporté en tant que militante et femme handicapée (10:29), l’invisibilisation des luttes d’émancipation pour les personnes handicapées des années 70 (17:25), le CLHEE, organisation non-mixte, intersectionnelle et anticapitaliste (26:25), la contradiction interne des deux grandes lois de 1975 pour l’intégration des personnes handicapées (30:53), la lutte contre l’institutionnalisation (36:09), l’importance des réseaux sociaux dans son militantisme (47:48), les violences spécifiques contre les femmes handicapées (51:58), la difficulté de l’accès aux Disabilities Studies pour les militants francophones (1:02:35) et le droit à une vie à soi (01:04:09).Elisa Rojas est avocate et activiste pour les droits des personnes handicapées. Elle est co-fondatrice du C.L.H.E.E (Collectif Lutte et Handicaps pour l'Égalité et l’Émancipation). Née au Chili en 1979, Elisa Rojas emménage en France avec ses parents à l’âge de 2 ans et suit un parcours scolaire d’abord en institution spécialisée, puis en école ordinaire. Une fois diplômée du baccalauréat, elle entame des études de droits à l’université Paris I Panthéon Sorbonne. À l’âge de 25 ans, alors qu’elle est encore étudiante, elle interpelle les médias au sujet du Téléthon, qu’elle qualifie de campagne de communication géante. Après avoir passé le Barreau de Paris en 2007 et s’être installée à son compte, en 2013, elle créé son blog, « Aux marches du palais », qui lui permet de porter ses premiers combats politiques. Le C.L.H.E.E, dont elle un membre actif aujourd’hui, est un collectif intersectionnel et anti-capitaliste composé d’activistes directement concernés par le handicap. Il se bat particulièrement contre l'institutionnalisation qui domine les politiques du handicap en France.La Poudre est une production Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuCoordination : Zisla TortelloMixage : Laurie Galligani

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  • 17.09.2020
    39 MB
    41:23
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    Épisode 68 - Vandana Shiva - (doublé en français)

    This episode of La Poudre was originally recorded in English. To listen to the undubbed version, click here.La militante écoféministe Vandana Shiva est l’invitée du 68e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de garder espoir, d’enlever les arbres et désobéir.L’édito de Lauren :Le 21 janvier 2017 j’étais à Washington, pour la Women’s March. Cela a donné l’épisode « La Marche » que j’ai posté le 8 mars 2017. C’est la que j’ai enregistré « We are not afraid of Donald Trump » du générique. J’arrive pas à croire que cela fait déjà trois ans. C’était je pense l’étincelle, la case départ de la révolution féministe que nous sommes en train de vivre. Ce jour là il y a avait un demi-million de femmes dans les rues, de Washington. Et ce jour là j’ai rencontré une femme : Ashley McCray.Cette rencontre a été déterminante pour moi. C’est grâce à elle une j’ai compris que le patriarcat, le colonialisme et le capitalisme étaient les trois facettes d’un même système.Résumé de l’épisode :Vandana Shiva mène depuis près de cinquante ans des combats écologistes et féministes dans le monde. Malgré cette lutte de longue haleine, elle est aussi l’une de celle qui porte le plus la notion d’espoir dans ses discours et ses écrits (02:45). Un espoir qu’elle ne cesse d’affirmer comme essentiel pour éviter le défaitisme : il faut combattre le fatalisme et se servir du temps qu’il reste pour agir, non pour fuir et abandonner la planète (03:29). Née le 5 novembre 1952 à Dehradun (Inde), elle fait des études de physique et de philosophie des sciences, en Inde puis au Canada. Après avoir œuvré contre la construction de gigantesques barrages, ou encore avec le mouvement Chipko (31:16) pour la préservation des forêts dans son pays d’origine, elle agit depuis de nombreuses années pour conserver l’autonomie des paysans sur l’utilisation des semences en se positionnant contre le brevetage des graines (14:17). Elle rappelle ainsi l’importance de garder du recul par rapport aux « avancées technologiques » (11:11) qui doivent rester des outils et donc pouvoir être remis en question. Lorsque cette remise en question n’est plus possible, ou détournée sous couvert de discours paternalistes, elle révèle le néocolonialisme véhiculé par les multinationales de l’agroalimentaire, qu’elle dénonce sans relâche. Si Vandana Shiva porte un combat écologiste, elle s’inscrit aussi dans les luttes féministes, démontrant les liens profonds entre ces problématiques. Elle a d’ailleurs reçu le prix Nobel alternatif en 1993 pour ces engagements conjoints. Elle revendique la valeur des savoirs réputés « féminins » de soin et de sens de la communauté pour servir de guide dans la transition qu’il faut aujourd’hui entreprendre (22:26). Pour cela, l’activiste rappelle aussi le pouvoir de la désobéissance civile, un outil militant utilisé notamment par Extinction Rebellion ces derniers temps (33:24). De son côté, elle ne baisse pas les bras et continue à inspirer les militant·e·s écoféministes à travers le monde.Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La voix française de Vandana Shiva est incarnée par Patricia Loison, merci à elle.La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation de l’introduction et générique : Aurore Meyer-MahieuTraduction : Agnès El KaïmProgrammation et coordination : Gaïa MartyPrise de son voix française : Charles de CilliaMontage et mixage : Marion Emerit

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  • 17.09.2020
    39 MB
    40:39
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    Episode 68 - Vandana Shiva -

    Cet épisode de La Poudre est disponible à l’écoute dans une version doublée en français. Cliquez ici pour l’écouter.The ecofeminist activist Vandana Shiva is the guest of the 68th episode of La Poudre.With Lauren Bastide, they talked about staying hopeful, hugging trees and disobey.Lauren’s foreword:On the 21st of January 2017, I was in Washington D.C. at the Women’s March. This gave birth to the episode « La Marche », published on the 8th of March 2017. That’s where I recorded the « We are not afraid of Donald Trump » that you can hear in the opening credits. I can’t believe it’s been three years already. It was the spark, the starting point of the feminist revolution we are living today. On that day, half a million women were on the streets in Washington. And on that day, I met one woman : Ashley McCray.This encounter was crucial for me. Thanks to her, I understood that patriarchy, colonialism and capitalism are three sides of the same system.Episode summary:Vandana Shiva has been leading both environmentalist and feminist fights for more than fifty years accross the globe. Despite this long-term endeavor, she is also one of the few carrying the idea of necessary hope in her speeches and writings (02:45). She sees hope as essential to avoid defeatism: we need to fight fatalism and use all the remaining time to act instead of running away and abandoning the planet (03:29). Born on the 5th of November 1952 in Dehradun (India), she studied physics and science philosophy, in both India and Canada. After fighting against gigantic dams construction, or taking part in the Chipko movement for forest preservation in India, she has been working towards peasants’ autonomy in their use of seeds by taking a stance against seed patenting (13:17). She warns us about keeping in perspective the various “technological advances” (11:11) which have to remain mere tools which can be challenged and reassessed. When they cannot be called into question, or their reevaluation is made impossible by paternalist discourses, it reveals the neocolonialist methods of the food-processing industry she condemns relentlessly. If Vandana Shiva has been fighting for the environment, she has also taken part in feminist battles, establihsing the profound link between the two. She has indeed received the Alternative Nobel Prize in 1993 for her activism in these intertwined issues. She reminds and honors the value of “womanly” knowledge regarding care and sense of community to help guide us in the much needed transition (22:26). To reach this goal, she also reminds us of the power of civil disobedience, an activist tool used nowadays by Extinction Rebellion among others (33:24). As for Vandana Shiva, she does not give up and keeps on inspiring ecofeminist activists around the world.Executive Producer : Nouvelles Écoutes Production and signature tune : Aurore Meyer-MahieuProduction assistant : Gaïa Marty Editing and mixing : Marion Emerit

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  • 17.09.2020
    86 MB
    01:30:05
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    Épisode bonus - La France et les féminismes

    Maboula Soumahoro, docteure en civilisation du monde anglophone et spécialiste des études africaines-américaines, Élise Thiébaut, journaliste et écrivaine, et Aurore Koechlin, doctorante en sociologie, étaient au Columbia Global Center au micro de Lauren Bastide pour un enregistrement en public le 4 février 2020. L’édito de Lauren :C’était le 4 février 2020 au Columbia Global CenterCe soir-là, dans une salle chaleureuse, magnifique, remplie de poudreuses et de poudreux attentifs, je recevais trois femmes qui pensent le féminisme en France aujourd’hui : la chercheuse Maboula Soumahoro, la sociologue Aurore Koechlin et la journaliste et autrice Élise Thiébaut. On s’est demandé comme notre belle nation embrassait le combat féministe. Spoiler : c’est pas joli joli.Merci à Loren Wolfe d’avoir facilité cet événement.Je suis très heureuse de pouvoir le partager avec vous aujourd’hui.Résumé de l’épisode :La France a-t-elle un problème avec les féministes ? Spoiler alert : oui.Est-ce qu’on parle de la France qui accueille le mouvement #MeToo par une tribune sur le droit d’importuner (01:21:08) ? Est-ce qu’on parle de la France où 149 femmes par an meurent sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint sans que le gouvernement ne daigne débloquer un euro supplémentaire pour les associations (13:24) ? Est-ce qu’on parle de la France qui accorde douze nominations aux Césars à un réalisateur accusé de viol ? Est-ce qu’on parle de la France qui tient à tout prix à arracher leur voile aux femmes musulmanes qui le portent (52:30) ? Est-ce qu’on parle de la France où on appelle « féministe » des personnes tenant H24 des propos transphobes ? Est-ce qu’on parle de la France qui interdit la PMA aux lesbiennes jusqu’à il y a très peu de temps, et aux trans, toujours ? Est-ce qu’on parle de la France qui voit comme une menace le fait que des femmes noires se réunissent en ateliers non-mixtes (21:28) ? Est-ce qu’on parle de la France où les travailleuses du sexe, en raison de lois répressives, voient leur situation se dégrader de jour en jour ? Oui, on parle bien de cette France-là. Au micro de Lauren Bastide, Maboula Soumahoro, maîtresse de conférence et autrice, Élise Thiébaut, journaliste et écrivaine et Aurore Koechlin, doctorante en sociologie et militante démontent le mythe d’une France féministe (06:50) et décryptent comment le pays de Monique Wittig est aussi le théâtre d’affrontements incessants sur les droits des femmes. Merci à l’équipe du Columbia Global Center d’avoir rendu cet enregistrement possible. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation de l’introduction et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMontage et mixage : Marion Emerit

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  • 17.09.2020
    56 MB
    58:56
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    Épisode 67 - Jeanne Cherhal

    Jeanne Cherhal, flamboyante compositrice et interprète, est l’invitée du 67e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé d’Aurélia Aurita, de Colette Renard et de Barbara.L’édito de Lauren :Je crois que La Poudre, je l’ai faite pour me fabriquer des sœurs. Jeanne Cherhal fait partie de ces sœurs qui me sont tombées dessus, sans prévenir. On s’est aimées alors qu’on ne s’était même pas rencontrées. Elle, en m’écoutant parler, moi, en l’écoutant chanter. Un jour, elle m’a demandé de souffler sur de la poudre, devant une caméra, pour son clip. Et du coup, moi, je lui ai demandé de venir parler dans un micro pour La Poudre. Cet épisode est dans la boîte depuis quelques mois, mais je voulais vous le balancer là, autour du 8 mars, parce que Jeanne, au fond, incarne cette valeur un peu galvaudée mais pourtant tellement essentielle au mouvement féministe : la sororité. Résumé de l’épisode :40 ans. Année de grâce et d’épanouissement. C’est ce que célèbre Jeanne Cherhal, brillante compositrice et interprète qui enchante la chanson française depuis 20 ans, dans L’an 40, son dernier album sorti il y a quelques mois (04:12). Née en 1978 à Erbray, près de Nantes, elle grandit dans ce petit coin de campagne entourée de figures qui peuplent ses compositions : sa grand-mère, femme d’agriculteur (10:44), sa mère, passionnée de théâtre et de littérature (12:56) et son père, plombier (15:10). Elle apprend le piano toute seule, en rejouant Sheller en solitaire au piano. Une façon acharnée de travailler en répétant qui la porte encore aujourd’hui (17:28). Jeune autodidacte musicale, elle est aussi précoce dans ses prises de conscience féministes : c’est au collège qu’elle s’insurge pour la première fois contre l’un de ses professeurs tentant d’imposer ses vues sur l’avortement à sa classe de 4e (20:20). Elle chante ainsi sur la condition des femmes depuis ses premiers albums, ne se refusant comme sujet ni les règles, ni les agressions sexuelles, et fait même parfois de la chanson son arme militante en écrivant des titres en réponse à un rappeur contre l’avortement ou en soutien aux Pussy Riot (39:50). Elle débute très jeune sur scène et a gagné en assurance au fil des années et de ses titres écrits comme autant de petites nouvelles (53:30), combattant son syndrome de l’impostrice qui se calme avec le temps (25:55). Dans ce milieu souvent encore très masculin, elle impose aujourd’hui sa vision créatrice et met en avant les femmes qui travaillent à ses côtés (44:37). Ce soutien aux autres figures féminines qui lui tiennent à cœur s’incarne d’ailleurs encore et encore dans ses projets : de la reprise d’un album entier de Véronique Sanson, à son hommage à Barbara comme compositrice sur la scène de la Philharmonie, jusqu’aux portraits de femmes qu’elle publie sur les réseaux sociaux pour célébrer la sortie de L’an 40. Elle agit dans son art comme dans son quotidien, en toute sororité.Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! Le morceau que vous entendez dans l’introduction est « L’An 40 » de Jeanne Cherhal.La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation de l’introduction et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMontage et mixage : Marion Emerit

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  • 17.09.2020
    56 MB
    58:48
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    Épisode 66 - Casey

    Casey, la rappeuse de légende, est l’invitée du 66e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de rap, de rock et de rage.L’édito de Lauren :C’était le 13 novembre 2019, au festival Les Créatives, à Genève, une quinzaine culturelle et intersectionnelle qui est l’un des plus géniaux événements féministes du monde. Ce soir-là, j’ai interviewé Casey en public. On était une petite centaine dans un café du centre. J’étais impressionnée, je l’avoue, ça faisait près de trois ans que j’essayais d’obtenir un entretien avec elle. Parce qu’elle n’est pas seulement l’un des plus grands noms du rap en France depuis près de vingt ans, mais aussi une autrice à la plume d’exception, porteuse d’idées politiques, indispensable à celles et ceux qui veulent faire avancer la société dans le bon sens, celui de la révolution. La veille je l’avais vue sur scène aux côtés de Virginie Despentes et de Béatrice Dalle dans Viril, un spectacle musical qui compile des textes radicaux féministes, signés par Paul B. Preciado, Valérie Solanas, Audre Lorde, Leslie Feinberg et d’autres. C’était dingue. Vraiment dingue.Résumé de l’épisode :Après six ans, Casey, voix iconique et adulée du rap français (04:36), revient avec un nouveau projet explosif, Ausgang et une réédition de ses deux premiers albums solo, Libérez la bête et Tragédie d’une trajectoire. Née en 1976 à Rouen, Casey se passionne pour le rap à l’adolescence. Elle y trouve des représentations de sa réalité (12:15) et une échappatoire intellectuelle au racisme qu’elle rencontre dans sa scolarité (18:57). Présente sur des mixtapes à partir de 1995, elle sort un premier album solo en 2006, puis un second, en 2010, qui rendent mythiques son flow unique et ses textes qui bousculent. Sa famille vient de Martinique, elle qui a grandi dans le 93, deux lieux qu’elle considère « chez elle » (26:02). Nourrie de l’œuvre d’Édouard Glissant et d’Aimé Césaire, elle glisse dans ses écrits la notion d’hybridité et la pensée décoloniale (27:30). Elle affirme la grandeur du rap (04:36), milite pour son droit à s’embourgeoiser (37:33) à l’image du rock, style dans lequel elle aime s’engouffrer pour des projets collectifs. Son dernier opus porte ses idées politiques, la défense des faibles et des cassés et traite des failles et de l’envie, parfois, de se soustraire au monde (41:47). Si son identité de genre n’a jamais été une zone d’exploration (24:57), elle connaît le poids du patriarcat (47:03) et les thématiques qu’elle aborde se rapprochent de celles des plus grandes penseuses féministes d’aujourd’hui, comme Virginie Despentes, qu’elle rencontre en 2015. En 2019, elle plonge dans la pensée queer en commençant à jouer dans Viril (10:05), un spectacle mis en scène par David Bobée, accompagné par le groupe Zëro, où elle partage l’affiche avec Despentes et Béatrice Dalle. Elles y déclament, sur fond de rock, des textes radicaux de Valérie Solanas, Paul B. Preciado, Zoe Leonard et Leslie Feinberg, comme pour mieux exprimer toute la « virilité » et de la colère des femmes.Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! Le morceau que vous entendez dans l’introduction est « Aidez-moi » de Casey.Merci au festival Les Créatives pour avoir rendu cet enregistrement possible.La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation de l’introduction et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMontage et mixage : Marion Emerit

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  • 17.09.2020
    62 MB
    01:05:09
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    Épisode 65 - Cécile Duflot

    Cécile Duflot, écologiste convaincue, figure de la vie politique française et aujourd’hui présidente de l’ONG Oxfam France, est l’invitée du 65e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de foi, de robe et de gêne.L’édito de Lauren :« Ce sont les jeunes comme nous qui seront les plus touchés par l’immobilisme de nos dirigeants. Des recherches montrent que la pollution engendrée par la combustion des énergies fossiles constitue la principale menace pesant sur la santé des enfants dans le monde. Au mois de novembre, cinq millions de masques ont été distribués dans les écoles de New Delhi, la capitale indienne, en raison des brouillards de fumées toxiques. Les énergies fossiles nous étouffent, littéralement.La science s’écrie qu’il est urgent d’agir, et pourtant nos dirigeants osent l’ignorer. Nous continuons donc à nous battre. [...]Cette action doit être forte et à grande échelle. Car la crise climatique ne concerne pas seulement l’environnement. C’est une crise des droits de l’homme, de la justice et de la volonté politique. Des systèmes d’oppression coloniaux, racistes et patriarcaux l’ont créée et alimentée. Nous devons les démanteler. Nos dirigeants politiques ne peuvent plus fuir leurs responsabilités. »Tribune parue le 29 novembre 2019 dans Project Syndicate et signée par Greta Thunberg, Luisa Neubauer, Angela Valenzuela, Evan Meneses et Hilda Flavia Nakabuye.Résumé de l’épisode :Cécile Duflot, grande figure de la scène politique française, est aujourd’hui la présidente de l’ONG Oxfam France qui lutte contre les inégalités. Un combat pour elle intimement lié à celui qu’elle mène pour l’écologie (07:02). À Oxfam, elle a participé à porter la plus grande mobilisation en ligne de France : l’Affaire du siècle, un recours en justice contre l’état français pour inaction face au changement climatique (10:46). Née le 1er avril 1975, elle grandit en Seine-et-Marne entre un père syndicaliste et une mère dont les convictions écologiques rythmaient son enfance (15:02). Une famille qui lui a aussi transmis de fortes valeurs de vie collective et un attachement à la foi catholique qu’elle formule plus volontiers aujourd’hui pour appuyer sur la différence de traitement des communautés religieuses dans une France crispée sur la question de la laïcité (22:21). Venue à Paris, elle enchaîne les petits boulots pour payer ses études et obtient un DEA de géographie ainsi qu’un diplôme de l’ESSEC en alternance. Elle adhère aux Verts en 2001, devient porte-parole du parti en 2005 et sa plus jeune secrétaire national en 2006. Réélue à 92,7% des voix en 2011, elle est nommée en 2012 ministre du logement et de l’égalité des territoires dans le gouvernement de François Hollande. Un parcours fulgurant qui ne lui vaut pourtant pas la reconnaissance dont profite ses pairs masculins (35:45) ! Ce sexisme de la vie politique s’incarne très publiquement dans les réactions face à son jean porté en conseil des ministres et sa robe à l’Assemblée nationale (42:24). En 2014, elle quitte le gouvernement, en désaccord avec les valeurs défendues par le nouveau premier ministre, Manuel Valls (51:17). Si elle croit toujours à l’importance de l’action publique (12:03), elle se retire de la vie politique en 2017 et prend la direction d’Oxfam France en 2018. Cette institution, au-delà des ses actions sociales et environnementales, met en place des actions très concrètes en interne pour prévenir le harcèlement au travail. Un positionnement qui lui importe après avoir témoigné dans le procès Baupin (55:38). Elle appelle aujourd’hui à « un combat contre la gêne », pour pouvoir enfin dénoncer les violences dont sont victimes les femmes (1:00:05).Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! Les extraits de discours que vous entendez dans l’introduction proviennent de la conférence de presse des militantes pour le climat Vanessa Nakate, Luisa Neubauer, Greta Thunberg, Isabelle Axelsson et Loukina Tille, qui a eu lieu à Davos le 24 janvier 2020.La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation de l’introduction et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMontage et mixage : Marion Emerit

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  • 17.09.2020
    76 MB
    01:20:03
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    Épisode 64 - Mazarine Pingeot

    L’écrivaine et intellectuelle Mazarine Pingeot est l’invitée du 64e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de secret, de viol et d’intimité.L’édito de Lauren :La honte d’être fatiguée, triste ou malade.La honte d’être victorieuse, forte, douée.La honte de son corps.La honte de sa sexualité.La honte de ce qui nous fait du bien.La honte de ne pas boucler ses fins de mois.La honte d’être mère.La honte de ne pas être mère.La honte de ses addictions, la honte de ses traumatismes, la honte de sa spiritualité.La honte d’avoir été agressée, harcelée, violée.J’ai réalisé récemment que ce sentiment de honte était permanent dans la psyché des femmes. Et cette honte, c’est un mécanisme puissant de silenciation. Quand on a honte on se tait. Quand on a honte on reste seul·e. Dire « moi aussi », toutes ensemble, c’est une façon de lever la honte et de lever la loi du silence. Résumé de l’épisode :Mazarine Pingeot est une autrice, intellectuelle et une figure bien connue de l’opinion publique française. Son dernier roman, le poignant Se taire (éd. Julliard) porte sur un sujet malheureusement central dans la pensée et le combat féministe : le viol, qu’elle traite ici dans un souci de nuance et de complexité (11:59). Elle grandit entre des parents aimants (26:02) mais tapie dans le secret de leur relation. Un secret qui deviendra d’autant plus important à préserver après l’élection de son père, François Mitterrand qui endosse la fonction présidentielle en 1981. Son adolescence parisienne, bien que banale dans son quotidien (21:21), n’en est pas moins rythmée par le passage de la frontière invisible entre le dedans – où tout le monde sait – et le dehors – où il faut se taire. Un secret dont elle se sent responsable et qu’elle protège de toutes ses forces (30:07) mais qui imprime sa marque sur sa personnalité, ajoutant au sentiment d’imposture, lot des femmes dans le système patriarcal (36:22). Pour faire ses preuves, elle passe des concours prestigieux et anonymes, comme celui de l’ENS, où elle est admise en 1994. C’est en sortant du déjeuner auquel l’avait conviée son père pour fêter cet accomplissement, que sa vie bascule : des paparazzis les prennent en photo et dévoilent son existence dans la presse (44:32). Agrégée de philosophie en 1997, elle est enseignante, chroniqueuse, et se lance dès 1998 dans l’écriture avec son premier roman intitulé Premier roman (57:28) qui reçoit un accueil ambivalent, où son identité n’est pas étrangère aux critiques acerbes. Elle ne se laisse pas décourager et, en tant qu’écrivaine, traite au fil des années de sujets sensibles en interrogeant la société qu’elle habite. Roman après roman, elle se réapproprie sa propre histoire, mais explore également l’infanticide dans Le Cimetière des poupées ou le viol et le silence entourant ses victimes dans son dernier roman, Se taire (01:02:20).Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation de l’introduction et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMontage et mixage : Marion Emerit

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  • 17.09.2020
    61 MB
    01:03:51
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    Épisode 63 - Yseult

    Yseult, la compositrice, chanteuse et toplineuse à la voix d’or est l’invitée du 63e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de corps, de scène et de pouvoir.L’édito de Lauren : Ah ! Vous êtes là !Bienvenue en 2020. Pour célébrer cette nouvelle décennie, je vous offre la voix du futur.Résumé de l’épisode :Yseult est née le 18 août 1994 à Paris. Elle passe son enfance de déménagement en déménagement (15:10) et n’a pas toujours eu la relation apaisée qu’elle a aujourd’hui avec ses parents (16:32). Son adolescence bat au rythme de son envie de faire de la musique (21:20) malgré l’incompréhension de sa famille. Encore au lycée, elle chante à Montmartre sur les marches du Sacré-Cœur. À 18 ans, elle passe les castings et est sélectionnée pour La Nouvelle Star. Elle y fait l’expérience d’un rapport parfois très dur avec la presse et une partie du public (33:01) malgré son talent indéniable. Après cette émission où elle finit deuxième, elle sort un premier album mais se débat avec le sexisme et le racisme de l’industrie musicale (40:40). Au creux de cette vague, elle est contactée par ASOS pour être l’une de leur mannequin. Une expérience très positive sur le chemin de sa relation avec son propre corps (48:22). Elle n’abandonne pas la musique, loin de là, et revient avec un projet très personnel en 2019 en commençant avec le single Rien à prouver. Étant l’une des seules femmes noires du paysage musical français, elle évoque la solidarité, notamment avec Lous, qu’elle ressent comme nécessaire(39:17). Elle crée également son propre label pour pouvoir produire sa musique et celle des artistes qui la touche (44:40). Rendez-vous en 2020 pour voir la suite de sa révolution de l’industrie musicale !Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La chanson que vous entendez dans l’introduction est Corps, d’Yseult.La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation de l’introduction et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMontage et mixage : Marion Emerit

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  • 17.09.2020
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    01:06:17
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    Épisode 62 - Maggie Nelson - (doublé en français)

    This episode of La Poudre was originally recorded in English. To listen to the undubbed version, click here.L’immense autrice et penseuse Maggie Nelson est l’invitée du 62e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de Judith Butler, de violence et d’amour.L’édito de Lauren :C’est drôle, ces derniers jours les bleuets sont apparus parmi les coquelicots et les pissenlits dans la petite prairie qui borde la rivière.Les cueillir et les faire sécher entre les pages 58 et 59.Au fond de l’eau un reflet lapis lazuli attire mon regard.Je plonge ma main dans l’eau. Je ramasse l’objet. C’est un morceau de mosaïque, ou peut-être un carreau de piscine. Bleu comme la rivière. Bleu comme les bleuets. Bleu comme un coup sur ma cuisse, comme mon âme les soirs d’été, comme l’encre de mon stylo sur mon carnet.Résumé de l’épisode :Maggie Nelson est née en 1973 à San Francisco où elle a grandit (08:50). Ses parents, amours de jeunesse mariés jeunes, divorcent un an avant que son père ne meurt d’une crise cardiaque. Un drame qui marque son adolescence (17:16) autant que les récits familiaux, dont celui de sa tante Jane, la sœur de sa mère, morte assassinée (25:08). Elle déménage à New York pour faire ses études et y rencontre des figures littéraires telles qu’Eileen Miles et Annie Dillard qui se révèleront très importantes pour l’autrice qu’elle est en train de devenir. Elle publie de la poésie dès 2001 et sort son premier premier essai en 2005, Jane, a Murder où elle se confronte à l’histoire de sa tante qu’elle retrace et explore. À la publication de ce livre, par un concours de circonstance le dossier de l’assassinat de Jane est rouvert. Ce procès sera le thème de son premier roman, Une partie rouge (2009) où son style d’écriture, entre notes très structurées et référencées, autofiction et poésie se déploie déjà avec brio (14:20). Elle complètera cette trilogie sur le rapport des femmes à la violence par The Art of Cruelty, un essai paru en 2009, en même parallèle de Bluets, un recueil de pensées autour du bleu dans lequel elle dissèque les ressorts de la dépression (37:10). En 2015, elle publie Les Argonautes, un nouveau roman hybride autour – entre autre – de sa grossesse et de la transformation de son compagnon Harry (54:36). Ce livre, traduit dans une dizaine de langues met son nom sur le devant de la scène littéraire mondiale. Sa pensée, profondément queer, complexe et limpide à la fois, lui vaut une reconnaissance dans de nombreux pays et un lectorat déjà en attente de son prochain écrit. Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La voix française de Maggie Nelson est incarnée par Marie Labory, merci à elle.La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation de l’introduction et générique : Aurore Meyer-MahieuTraduction : Céline LeroyProgrammation et coordination : Gaïa MartyPrise de son voix française : Charles de CilliaMontage et mixage : Marion Emerit

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  • 17.09.2020
    62 MB
    01:05:37
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    Episode 62 - Maggie Nelson -

    Cet épisode de La Poudre est disponible à l’écoute dans une version doublée en français. Cliquez ici pour l’écouter.The incredible author and thinker Maggie Nelson is the guest of the 62nd episode of La Poudre. With Lauren Bastide, they talked about Judith Butler, violence and love.Lauren’s forewordIt’s funny, these past few days, bluets have appeared among poppies and dandelions in the small meadow near the river.I gathered them and put them to dry between the pages 58 and 59.In the river, a lapis lazuli sparkle catches my eye in the water.My hand dives in.I take the object. It’s a piece of mosaic, maybe a swimming pool tile. As blue as the river. As blue bluets. As blue as a bruise on my thigh, as my soul on summer evenings, as my pen’s ink on my notebook.Episode summaryMaggie Nelson was born in 1973 in San Francisco where she grew up (08:50). Her parents, high-school sweethearts who were married very young, divorced a year before her father’s death from a heart attack. This tragic event, as well as her family’s story – especially her mother’s sister murder – left their mark on her adolescence (17:16). She moved to New York to go to university and met there important litterary figures such as Eileen Miles or Annie Dillard who both influenced and inspired the young writer she was becoming. She started publishing poetry in 2001 and Jane, a Murder, her first essay in which she explored and confronted her aunt’s death, went out in 2005. Coincidentally, the trial on Jane’s death was reopened at the same time. She published her first novel on the subject, The Red Parts, in which her writing style, between very structured notes and references, autofiction and poetry bloomed (14:20). She completed a trilogy on women and violence in 2009 with another essay, The Art of Cruelty, published the same year as Bluets, a collection of thoughts on the colour blue in which she explores depression’s intricacies (37:10). In 2015 she published The Argonauts, a new hybrid novel revolving around her pregnancy and the parallel transformation of her companion, Harry (54:36). This book, published in a dozen foreign languages, puts her at the forefront of world literature. Her sharp, complex and subtle writing and queer thought gives her recognition in many countries and a wide audience already waiting on her next book.Executive Producer : Nouvelles Écoutes Production and signature tune : Aurore Meyer-MahieuProduction assistant : Gaïa Marty Editing and mixing : Marion Emerit

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  • 17.09.2020
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    01:14:42
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    L'art & La Poudre #2 - À Beaubourg

    Quelle place pour les femmes artistes dans les collections des musées ? À quel prix sont vendues leurs œuvres sur le marché de l’art ? Combien sont-elles dans les écoles d’art, dans les galeries, dans les manuels d’histoire ? Les femmes artistes peuvent-elles vivre de leur art ? Camille Morineau, commissaire d’exposition, Fabienne Dumont docteure en histoire de l’art et critique et Aïcha Snoussi, artiste plasticienne en ont débattu au micro de Lauren Bastide lors d’un enregistrement public le 4 avril 2019 au Centre Pompidou. Résumé de l’épisode :Pour ouvrir la discussion, Camille Morineau, Aïcha Snoussi et Fabienne Dumont exposent chacune l’élément déclencheur qui leur a fait prendre conscience du biais sexiste présent dans le milieu de l’art (05:45). Elles œuvrent toutes pour en déboulonner les barrières et en détricoter les injonctions. Camille Morineau, par exemple, a monté l’exposition majeure « [email protected] » à Beaubourg en 2009 à partir des collections du musée, (09:36) confirmant ses intuitions profondes : les femmes artistes sont nombreuses, elles ont œuvré dans tous les champs de la création et elles ont, pour beaucoup été mises de côté. Fabienne Dumont, elle, s’est attaquée à exhumer et mettre en lumière l’histoire des des femmes artistes féministes des années 1970 (14:53). Quant à Aïcha Snoussi, elle rend hommage à celles qui l’ont précédée et inspirée (19:25) dans son cheminement vers la déconstruction de toutes binarités (21:13). Interroger l’art des femmes est parfois résumé à interroger s’il y a un art féminin (23:48), une affirmation que les trois invitées de Lauren Bastide contestent. Elles soulignent cependant le profond sexisme qui imprègne l’histoire de l’art (26:21), nécessitant beaucoup de travail pour rectifier l’invisibilisation dont elles sont victimes. Une invisibilisation d’autant plus forte pour les femmes racisées comme le rappelle Aïcha Snoussi (29:53). Enfin, elles clôturent cette passionnante discussion en mentionnant que ce travail de longue haleine pour faire rentrer les artistes femmes dans les manuels et dans les musées (38:00) doit être doublé d’un soutien financier pour contrevenir à la précarité qui les touche plus que leurs homologues masculins (48:25).Achetez des œuvres d’artistes femmes, bonne écoute et continuez de faire parler La Poudre !La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation du générique : Aurore Meyer-MahieuPrise de son : Charles de CilliaProgrammation et coordination : Gaïa MartyMontage et mixage : Marion Emerit

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  • 17.09.2020
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    01:12:35
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    Épisode 61 - Aloïse Sauvage

    Aloïse Sauvage, artiste aux multiples talents, est l’invitée du 61e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de cirque, de danse et de chant.L’édito de Lauren :Comment allez-vous ? Comment allez-vous vraiment ? Comment va votre corps ? Comment va votre esprit ? Si je fais silence, là, pendant cinq secondes… ça semble long hein ? Vous avez ressenti quoi ? Moi, un léger mal au crâne, une petite tension au bas du ventre et dans mon dos aussi, au niveau des cervicales. Et au loin un bruit diffus dans ma tête. Une sorte de brouhaha fait de colère, de peur, de honte. Y a rien à faire. Il est là. Même quand je reçois de la tendresse, même quand je marche dans la forêt, même quand je regarde mes gosses.Parfois j’aimerais qu’on me débarrasse de ce sentiment diffus. J’aimerais que tout le monde m’aime et me comprenne, c’est humain. Mais les autres n’y peuvent rien. Il n’y a qu’une personne au monde qui puisse me libérer de ce bruit : c’est moi. C’est moi quand je m’accepte telle que je suis, avec mes failles, mes erreurs. C’est moi quand je lâche prise. Alors j’essaye. Je respire. J’y arriverai. J’ai toute la vie. Et vous aussi.Résumé de l’épisode :Aloïse Sauvage est performeuse, circassienne, danseuse, chanteuse et actrice, elle a ainsi de nombreuses et talentueuses cordes à son arc (04:56). Née le 25 septembre 1992, elle a grandi au Mée-sur-Seine (11:14) et garde de très bons souvenirs de son enfance et de son adolescence dans cette petite ville du 77 (18:30). Hyperactive depuis son plus jeune âge (23:20), elle joue de plusieurs instruments de musique et fait du break dès le collège. Elle s’intéresse très tôt au rap, inspirée par ses textes engagés, rythmiques et puissants (28:23). Après le lycée, elle se forme à l’académie Fratellini, l’une des plus prestigieuses écoles de cirque contemporain (34:34). Elle a été entre autres l’une des interprètes de Raphaëlle Boitel, l’une des grandes créatrices de cirque contemporain d’aujourd’hui. Si elle se définit circassienne, c’est aussi parce que cette discipline lui permet de ne pas choisir entre théâtre, danse et musique, ce qu’elle continue à mettre en pratique dans ses propres performances scéniques (40:37). Elle incarne une vraie liberté dans sa façon de refuser les cases de la création mais aussi dans celle de se réapproprier les étiquettes : elle donne ainsi son propre sens à celle de « femme » (42:23) dans son cheminement et apprend à s’assumer, comme individu, comme chanteuse (56:03) ou encore comme actrice, notamment dans le film 120 battements par minute où on a pu la voir en 2017. Une voie qu’elle se trace avec brio malgré les doutes, et dans laquelle elle porte sa vision de la société, moins genrée, moins hétéronormée (01:02:08), toujours plus fluide et incandescente.Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation de l’introduction et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMontage et mixage : Marion Emerit

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  • 17.09.2020
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    01:10:05
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    Épisode 60 - Priscillia Ludosky

    Priscillia Ludosky, lanceuse d’alerte et militante, est l’invitée du 60e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de démocratie, de résistance et d’écologie.L’édito de Lauren :Sortir. Marcher. Brandir des pancartes. Lever les poings. Crier. Protester. Contester. Refuser. Persister. S’unir. S’élever. Se soutenir. S’allier. Être gazé·e·s. Être frappé·e·s. Être ignoré·e·s. Recommencer.Résumé de l’épisode :Priscillia Ludosky est née en 1985 en banlieue parisienne où elle grandit (10:50). Poussée vers une profession sécurisante par sa famille, elle travaille pendant onze ans dans la banque (16:12). En 2017, elle amorce un changement de carrière et crée sa propre entreprise de cosmétiques bio. Le 29 mai 2018, elle met en ligne une pétition fouillée et sourcée pour protester contre la hausse du coût du carburant après avoir découvert que les nouvelles taxes ne finançaient en rien la transition écologique, comme annoncé pour les justifier (25:12). Véritable lanceuse d’alerte (32:25), sa pétition recueille en quelques mois des centaines de milliers de signature : c’est l’un des principaux déclencheurs du mouvement des Gilets Jaunes. Le 17 novembre 2018, elle prend une part active au premier rassemblement national de celui-ci et s’engage à long terme dans cette lutte. Au sein du mouvement, elle accepte de prendre une place en tant que porte-parole de tou·te·s celleux qui ont signé sa pétition, mais ne s’attribue jamais un rôle de leadeuse. Sa mesure et sa mise à distance des forces politiques tentant de s’approprier son discours lui valent une légitimité et de nombreuses plateformes dont elle fait bon usage pour continuer à porter les enjeux du mouvement, comme le référendum d’initiative citoyenne (44:30). Aujourd’hui, elle continue le combat entamé il y a un peu plus d’un an et montre son engagement dans les causes qui lui tiennent à cœur, dont la lutte contre les violences policières (59:40) ou celle pour de vraies politiques écologiques (01:06:05). Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation de l’introduction et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMontage et mixage : Marion Emerit

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  • 17.09.2020
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    01:52
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    Nouvelles Écoutes présente Intime & Politique

    Nouvelles Écoutes présente Intime & Politique, un flux de podcasts féministes produits par Nouvelles Écoutes et proposés par Lauren Bastide. Intime & Politique, ce sont des documentaires sonores de 4 à 6 heures qui s’attaquent aux racines des discriminations sexistes et des stéréotypes de genre. Dans cette première saison, trois réalisateur·ice·s activistes exploreront la thématique des corps sexués des femmes et proposeront de décaler les regards pour faire évoluer les comportements et les mentalités, à travers d’intenses plongées sonores et sensorielles dans le quotidien des femmes.Pour vous abonner : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/intime-politique/id1488643718 Et pour suivre toute l’actualité de l’émission, abonnez-vous au compte @intimeetpolitique_ne sur Instagram.

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  • 17.09.2020
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    01:27:37
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    Épisode 59 - L'IVG et la loi

    Marie-Noëlle Battistel, députée, Lisa Carayon, maîtresse de conférence en droit, spécialiste des questions du droit à disposer de son corps et Sharlen Sezestre, chargée de plaidoyer international au Planning familial étaient au micro de Lauren Bastide le 12 juillet 2019 dans le cadre d’un enregistrement public à l’Assemblée nationale pour les vingt ans de la Délégation aux droits des femmes.L’édito de Lauren :C’était le le 12 juillet dernier, à l’Assemblée Nationale. La Délégation aux droits des Femmes de l’Assemblée, et sa présidente Marie-Pierre Rixain, m’avaient invitée à enregistrer un épisode de La Poudre. Franchement j’en ai vu des lieux prestigieux, j’en ai vécu des moments dingues, mais ce jour-là j’avais un petit pincement au ventre inédit. Un certain sentiment de gravité.J’ai voulu qu’on parle du droit à l’IVG. Ce droit que l’Assemblée Nationale a donné aux femmes le 17 janvier 1975. Ce droit qu’on pourrait tout aussi bien nous enlever. Vous étiez nombreuses ce jour-là, dans la salle. L’émotion était forte. Je suis fière de partager ce moment avec vous aujourd’hui.Description de l’épisode :La loi Veil du 17 janvier 1975 est l’un des tournants historiques majeurs de l’histoire récente des droits des femmes. Pourtant, dès le début des échanges, Lisa Carayon et Sharlen Sezestre rappellent à quel point les compromis politiques qu’avaient dû faire Simone Veil pour faire adopter ce texte ont situé la loi dans le champs du médical, de l’exception et de la négociation sur le droit des femmes à disposer de leurs corps (09:57). Avec Marie-Noëlle Battistel, elles insistent sur la fragilité de l’acquisition de ce droit (14:02) et sur les forces politiques qui le menacent aujourd’hui. Après une remise en question de la nécessité-même d’une loi (21:08), elles s’interrogent sur celle du délai d’accès à l’IVG, dont les bornes temporelles sont encore en discussion aujourd’hui (23:02). Elles balayent également les questions cruciales de la double clause de conscience, pesant encore aujourd’hui sur la possibilité des femmes de se voir refuser l’intervention par les praticien.ne.s consulté.e.s (31:04), la limitation géographiques causée par la réduction du nombre de médecins présent.e.s et de centres accessibles (31:58) et celle de la remise en question de la médicalisation de cet acte (37:28). Si certaines des limitations ont été supprimées depuis le vote de 1975, comme la clause de détresse par exemple (45:28), ou l’entretien obligatoire (50:47), et si certaines avancées ont pu voir le jour comme le délit d’entrave voté en 2017 (53:04), Lisa Carayon et Sharlen Sezestre rappellent la grande disparité territoriale et les questions profondément intersectionnelles qui viennent contrebalancer ce tableau encourageant et rappeler les inégalités des femmes dans l’accès à l’avortement. Cette dernière replace aussi ce droit tel qu’il est appliqué en France par rapport au contexte international, affirmant la nécessité d’une solidarité pour le défendre au-delà des frontières (1:03:33). Tandis que Marie-Noëlle Battistel et Marie-Pierre Rixain, présidente de la Délégation, assurent leur volonté de continuer à agir contre les violences gynécologiques et pour un soutien financier des actions menées, Lisa Carayon clôture cet important échange en affirmant que si l’envie est grande de se battre pour la constitutionnalisation du droit à l’avortement, de nombreuses lois sont déjà à notre disposition pour tenter de faire respecter les droits des femmes (1:32:22). Saisissons-nous en et poursuivons le combat !Bonne écoute et continuez de faire parler La Poudre !Liste d’associations et de sites œuvrant à l’information et à la pratique d’IVG en France et dans le monde :Le planning familial (France) : https://www.planning-familial.org/frPaye ton IVG (France) : https://www.facebook.com/payetonivg/ Federacja na rzecz Kobiet i Planowania Rodziny (Pologne) : http://federa.org.pl/ Prochoice America (États-Unis) : https://www.prochoiceamerica.org/ Planned parenthood (États-Unis) : https://www.plannedparenthoodaction.org/issues/abortion Association pour la santé reproductive des personnes LGBTQI (États-Unis) : https://urge.org/ Association pour la santé reproductive des femmes racisées (États-Unis) : https://www.sistersong.net/ Campagne pour l’avortement (Argentine) : http://www.abortolegal.com.ar/sumate-a-la-campana/ Socorristas en Red (Argentine) : http://socorristasenred.org/Le discours que vous entendez dans l’introduction est un extrait de l’intervention de Simone Veil dans l’émission « Débat à l’Assemblée nationale : réforme de la loi sur l’avortement » produit par Office national de radiodiffusion télévision française en 1974 et provenant des archives de l’INA. Merci à l’INA pour son autorisation.La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyPrise de son : Charles de CilliaMixage : Marion Emerit

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  • 17.09.2020
    62 MB
    01:04:54
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    Épisode 58 - Inès Rau

    Inès Rau, mannequin étincelante et actrice, est l’invitée du 58e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de corps, d’âme et de liberté.L’édito de Lauren :Elles s'appelaient Claudia, Cindy, Linda et Naomi. Elles étaient placardées au dessus de mon lit d’adolescente. Jambes nues, peau luisante, cheveux longs et ondulés. Il y avait bien un poster de Brad Pitt dans un coin, mais c’était elles qui m’obsédaient, c’était elles mes saintes-patronnes. On les appelait les super modèles. Elles ont servi de véhicules à des injonctions ravageuses pour l’estime de soi des femmes. C’est par leur faute que pendant des années j’ai acheté de la fast fashion, passé mes jambes à la cire chaude, claqué ma paye en balayage, fait des régimes, porté des strings… Habitudes dont le féminisme m’a aidé à me délester.Mais elles étaient indépendantes, flamboyantes, et célèbres pour gagner plus d’argent que le photographe qui les immortalisait ou que le styliste qui les habillait. D’ailleurs, l’hymne de cette bande de femmes, c’était Freedom de George Michael.Elle n’ont pas subi leur beauté, elles en ont fait une arme. D’ailleurs, personne n’aurait songé à les traiter d’idiotes.Résumé de l’épisode :Inès Rau est mannequin, actrice et autrice d’un livre autobiographique Femme (Flammarion). Elle s’est inventée et se considère comme sa propre œuvre d’art (05:28). Née en 1990, elle grandit en petit garçon dans les quartiers populaires de Nancy (08:00), une enfance qui contribue à faire d’elle la femme libre et sûre d’elle qu’elle est (09:50) malgré des relations familiales complexes. Elle garde cependant un amour et une admiration profondes pour sa mère et pour sa grand-mère dont elle porte le nom (12:30). Sa seconde naissance advient lorsqu’elle débarque à Paris, à 18 ans (20:08). Elle y vit dans une grande précarité, mais aussi dans le monde de la nuit, grâce auquel elle apprend à assumer la féminité qu’elle a toujours porté en elle (25:00). Elle entreprend une transition de genre et travaille rapidement comme mannequin, sans jamais évoquer son histoire (29:23). En 2017, Playboy fait d’elle la première playmate transgenre, c’est son coming out. Si elle est fière de son parcours, elle n’en reste pas moins méfiante face au dévoiement de l’expérience de la transidentité (32:50) et doit gérer la curiosité souvent déplacée qui entoure son anatomie (38:05). Curiosité qu’elle gère avec brio, parlant librement de sa sexualité, de la beauté de son corps de son rapport au hommes (43:50) et de son identité (49:25). Malgré les attaques transphobes auxquelles elle a dû faire face (54:47), son engagement écologiste la porte aujourd’hui et sa carrière d’actrice, débutée avec le rôle de Marcia dans l’adaptation en série de Vernon Subutex ne fait que commencer (06:45) !La chanson que vous entendez dans l’introduction est Freedom! ‘90 de George Michael.Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMixage : Marion Emerit

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  • 17.09.2020
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    01:11:40
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    L'art & La Poudre #1 - Laure Prouvost et Martha Kirszenbaum

    L’artiste contemporaine Laure Prouvost et la commissaire d’exposition Martha Kirszenbaum, duo à l’origine du pavillon français de la Biennale de Venise 2019 sont les invitées du premier épisode du cycle L’art & La Poudre en partenariat avec l'association Aware. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé d’art, de femmes et de poulpe.L’édito de Lauren :L’art n’a pas de nation. L’art n’a pas de temps. L’art n’a pas de sexe. Ou si ? En mai, après l’ouverture de la Biennale, à Venise, l’eau s’est mise à monter. Je suis allée sur le toit du pavillon français. J’ai embarqué dans un bateau, avec deux femmes. C’était Laure Prouvost, l’artiste, et Martha Kirszenbaum, la commissaire. Grandes, lumineuses, musclées, invincibles, belles… On a vogué des jours. On a vogué des nuits. On a atteint une île et on a accosté. Sur le sol, au bord de l’eau, des micros. On s’est assises, et on a parlé. Résumé de l’épisode :Quelle place pour les femmes dans l’art contemporain ? Comment les artistes françaises entrent-elles dans les musées, les foires et prix internationaux, les institutions ? Laure Prouvost, née en 1978 à Croix, est l’une des artistes contemporaines les plus reconnues de sa génération. Avec Martha Kirszenbaum, jeune commissaire d’exposition née en 1983 à Vitry-sur-Seine, elle a réalisé le pavillon français à la Biennale de Venise 2019. L’œuvre qui en a résulté, Deep Sea Blue Surrounding You (Vois ce bleu profond te fondre) est un voyage sensoriel et initiatique, l’épopée mystique et transfrontalière d’une douzaine de personnages, de la banlieue parisienne à la lagune vénitienne. Toutes deux passées par un parcours international (05:15), elles revendiquent la liberté que leur a apporté ce changement de paradigme (09:30) et le questionnement sur les identités et les frontières qu’il entraîne. Un questionnement qui fait partie intégrante de leur proposition à la Biennale (10:06). Elles ont pourtant grandi en France : Laure Prouvost dans le Nord (18:32), une enfance campagnarde et réfractaire à l’autoritarisme du système scolaire, et Martha Kirszenbaum en région parisienne (22:46), entre classicisme versaillais et parents moins conventionnels.C’est l’Angleterre qui accueille Laure Prouvost dès ses débuts et lui remet le prix Turner. Elle devient ainsi la première française à recevoir cette prestigieuse récompense pour une œuvre qui, déjà, questionnait les frontières et les moyens de les contourner (31:39). Pour Martha, ce sont les États-Unis qui lui offrent la possibilité de diriger un centre d’exposition, alors qu’elle manquait de modèles de femmes commissaires d’exposition dans son pays d’origine (26:00).Au-delà de ces problématiques géographiques, Laure Prouvost évoque au micro de Lauren Bastide sa propre féminité (39:24) mais aussi sa mise en scène du corps féminin dans ses œuvres (43:00). Sensibles à la place des femmes et à leur représentation dans l’art, elles sont d’ailleurs toutes les deux signataires de l’appel « Not suprised » qui dénonce les violences sexuelles dans le monde de l’art (55:57). Un monde où les femmes peinent encore à trouver leur place et un équilibre entre vie privée et vocation (1:01:25).Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! Les extraits sonores et les morceaux de Lafawndah et Flavien Berger que vous entendez dans l’épisode sont extraits de l’œuvre Deep Sea Blue Surrounding You (Vois ce bleu profond te fondre). Merci à Laure Prouvost pour son autorisation.La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMixage : Clotilde Fauchille

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  • 17.09.2020
    59 MB
    01:02:19
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    Épisode 57 - Clara Luciani

    Clara Luciani, talentueuse musicienne et chanteuse, est l’invitée du 57e épisode de La Poudre. Avec Lauren Bastide, elles ont parlé de se chercher, de se perdre et de se trouver.L’édito de Lauren :Il y a des matins, je me lève, je me dis qu’on n’est pas mal : je vois le mot « féminicide » écrit en une des journaux, un vrai beau clitoris dans un manuel de SVT, je me dis que des trucs sont rentrés, que le monde a compris qu’on ne voulait plus se faire parler comme à des enfants par nos médecins, qu’on aimerait bien jouir nous aussi et que la charge mentale, bah ça se répartit. Il y a des matins où je me dis qu’on n’y arrivera jamais, qu’il y a trop de voix qui couvrent les nôtres. Celles qui disent qu’on ne peut plus rien dire, qu’une femme voilée n’a pas le droit de se baigner, que deux femmes c’est pas des parents, et puis le droit d’importuner, et puis certaines l’ont bien cherché.Vous connaissez la théorie du tube de dentifrice ? Une fois le dentifrice sorti du tube, cela devient très difficile de le faire rentrer. Alors on fait quoi ? Bah on insiste, on persévère, on lâche rien. Gardez la tête haute et tenez-moi la main. Solides comme des roches, fortes comme des lionnes et fières comme des paonnes - oui, la femelle du paon s’appelle une paonne. Persistons toutes ensemble. Bienvenue dans La Poudre, saison 4.Résumé de l’épisode :Clara Luciani est née en 1992 à Marseille et a grandi dans sa banlieue, à Septèmes-Les-Vallons (08:20). Entourée d’une mère attachée à la culture (10:40) et d’un père musicien, elle rêve d’un jour, comme la Solange de Jacques Demy, « vivre de son art à Paris » (26:15). À 19 ans, elle atteint la capitale, où elle jongle entre petits boulots et expériences musicales diverses (21:33). Elle se cherche, travaille, tremble sur scène… Les séquelles du harcèlement scolaire qu’elle a subi dans son adolescence la rattrapent et entament sa confiance en elle (17:16), mais la scène la libère et la fortifie, l’aide à accepter et à trouver sa féminité (24:00). C’est le chanteur Raphaël qui, en lui proposant de jouer sur sa tournée (34:17), la sauve du découragement, après sept ans de persévérance. Mais c’est sa première grande rupture amoureuse (43:05) qui lui inspire les premières chansons dans lesquelles elle se reconnaît vraiment et lui font gagner l’amour du public. Depuis, elle enchaîne les concerts, y a été confrontée au sexisme, mais y a aussi gagné des amies dont elle admire les actes de réelle sororité (47:50). Sa trajectoire flamboyante depuis la sortie de son album « Sainte-Victoire » ne fait que commencer !Bonne écoute, et continuez de faire parler La Poudre ! La Poudre est une émission produite par Nouvelles ÉcoutesRéalisation et générique : Aurore Meyer-MahieuProgrammation et coordination : Gaïa MartyMixage : Marion EmeritPour les produits bareMinerals, code LAPOUDRE offrant 15% de réduction sans minimum d’achat. Valable jusqu’au 31/10 sur le site https://www.bareminerals.fr

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  • 17.09.2020
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    01:05:15
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    Episode 55 - Chris -

    Cet épisode de La Poudre a été publié en français le 27 juin 2019. Pour l’écouter, remontez dans les archives ou cliquez ici : ?.The singer, musician, producer and performer Chris is the guest of the 55th episode of La Poudre. With Lauren Bastide, they talked about performance, control and sex.Chris is an international pop music icon. This discussion starts with an exchange on the importance of queer thought and her creative work (04:36). Born Héloïse Letissier in 1988 in Nantes (France) and passionate about literature, she studies theatre and literature in Lyon. She mentions how lucky she was to grow up surrounded by books (06:08), with a father who is a literature teacher and a very free and independent mother (11:10). This did not prevent her from feeling strangely out of place and nostalgic as a child (14.22). Fortunately, theatre will rescue her from this spleen (15:22). She recalls the sexist violence she had to face at the Lyon school for the performing arts (27:13), which pushed her to abandon her dream of becoming theatre director… Never mind, she embarked on a trip to London, met a drag queen trio and decided that her life would revolve around queerness (34:58): Christine and the Queens was born. In 2014, her first album comes out: "Chaleur humaine" will sell more than a million copies. The same year, she wins the Victoire de la musique prize as woman performer of the year. Shorter hair, shorter name, her second album, "Chris", comes out in October 2018 and offers a more precise definition of her vision of femininity (38:08) while defending her claims for various sexualities and her own pansexual identity (49:20). She makes visible a burning, hungry and uninhibited feminine desire, in a much needed feminist gesture!Executive producer: Nouvelles ÉcoutesProduction and signature tune: Aurore Meyer-MahieuTranslation: Zisla TortelloEnglish voice-over: Elise Anderson-ScottoProduction assistant: Gaïa MartyRecording: Charles de CilliaMixing: Clotilde Fauchille

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